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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 13




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2è LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE DE RIGNY

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

14 AVRIL 1834







N° 38

Londres, le 14 avril 1834, 10 heures du soir.

Monsieur le comte,

Ainsi que j’avais eu l’honneur de vous le mandé hier, un conseil de cabinet a été tenu à la suite de ma conversation avec lord Palmerston ; la proposition telle que je l’avais faites d’un traité général d’alliance défensive entre l’Angleterre et la France n’a point été adoptée par les ministres anglais quelque convaincus qu’ils se montrassent d’ailleurs de la force des raisons que je leur avais données à cet égard. Ils ont persisté dans leur projet de traité entre les Cours d’Angleterre, d’Espagne et de Portugal auquel on nous proposerait d’adhérer. J’ai vu lord Palmerston deux fois aujourd’hui. Il m’a, dans notre première entrevue, fait part de la résolution de son gouvernement. Je n’ai pas voulu insister davantage sur le traité d’alliance défensive dont il avait encore été question la veille entre nous, puisque de ce côté, je ne pouvais conserver aucun espoir de succès. Je me suis donc arrêté au projet de traité qu’il venait de me communiquer, et c’est celui que j’ai discuté avec lui et que j’ai refusé de signer tel qu’il était. Sur les observations que je lui ai faites, il a dû s’entendre de nouveau avec ses collègues et les ministres d’Espagne et de Portugal pour faire subir à ce projet les modifications que je réclamais et par suite desquelles la France devenait partie contractante au traité au lieu d’être seulement partie adhérente. Je dois vous dire que j’ai eu à soutenir une lutte assez prolongée avant d’obtenir cette concession.

Je n’ai point pris l’engagement que ce projet recevrait l’approbation du gouvernement du Roi, en promettant seulement de vous l’envoyer, j’ai fait introduire plusieurs changements. Vous remarquerez entre autres la double rédaction proposée pour une partie de l’Art. IV. Il a été convenu que, dans le cas où le gouvernement français consentirait à ce que je signasse ce traité il choisirait celle des deux rédactions de l’Art. IV qui le satisferait davantage. Dans l’état actuel des choses, j’avoue que je ne vois pas de difficulté réelle pour le gouvernement du Roi à entrer dans ce traité tel qu’il est et qu’il me parait au contraire lui présenter de grands avantages.

Je n’ai pas le temps d’ajouter de réflexion à ce simple narré ; je ne puis retarder le départ de mon courrier et lord Granville reçoit des instructions pour s’entendre avec vous. Ainsi vous pourrez lui faire connaitre vos motifs pour accorder ou refuser votre approbation.

Je dois vous dire que MM. de Florida-Blanca et de Sarmento, en prenant sur eux d’apposer leur signature à ce traité qui n’est pas tout à fait d’accord avec leurs instructions ont demandé qu’il n’en soit pas donné communication à l’ambassade d’Espagne ni au ministre de Portugal à Paris, ce qui leur a été promis. Ils craignent qu’une publication prématurée faite à Madrid ou à Lisbonne ne compromette le succès du traité qu’on ne pourra plus refuser, disent-ils, de ratifier, lorsqu’il sera signé par les plénipotentiaires de France et de la Grande Bretagne.

Je joins également ici une copie de la note remise au gouvernement anglais par le comte de Florida-Blanca, dont j’ai fait mention dans ma dépêche N° 36. Je vous serai très obligé de m’en renvoyer une copie traduite en français, car j’ai lu hier une copie traduite en anglais et celle que je vous envoie vient de m’être donnée par le comte de Florida-Blanca.

Comme on est très pressé ici d’arriver à un résultat, je vous prie de me faire parvenir votre première réponse le plus promptement possible, et par le télégraphe.

Agréez, Monsieur le comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
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