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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 13




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

DUC DE BROGLIE

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

27 MARS 1834







N° 31

Londres, le 27 mars 1834

Monsieur le duc,

J’ai reçu la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire sous le N° 23 ainsi que les quatre pièces qui y étaient jointes, et pour la communication desquelles je vous prie de vouloir bien recevoir tous mes remerciements.

J’ai lu attentivement avec lord Palmerston les trois notes remises, le 24 février, par le Reiss Effendi aux ambassadeurs de France et d’Angleterre et nous avons examiné ensemble les différents points traités dans ces notes ; il m’a paru que la première impression de lord Palmerston était de ne pas se montrer mécontent des réponses de la Porte sur lesquelles, du reste, il s’est abstenu de donner une opinion définitive, se réservant, m’a-t-il dit, de consulter à ce sujet les autres membres du cabinet. Je ne pourrai, Monsieur le duc, vous faire connaitre le parti auquel s’arrêtera le gouvernement anglais à l’égard de ces notes qu’après le conseil de cabinet qui se tiendra le 7 avril. Lord Palmerston part demain pour la campagne et presque tous les autres ministres passeront les vacances de Pâques hors de Londres, comme j’ai eu déjà l’honneur de vous l’annoncer ; ils se sont donnés rendez-vous à Londres pour le 7 avril.

Le gouvernement du Roi jugera sans doute convenable de ne prendre de son côté aucune résolution définitive dans cette affaire avant d’être informé de celle qui sera adoptée par le gouvernement de Sa Majesté britannique. Il est à supposer que M. l’amiral Roussin aura suspendu toutes nouvelles démarches en attendant vos instructions.

J’ai donné aussi lecture à lord Palmerston de la lettre que vous avez écrite au chargé d’affaires de France à La Haye pour l’inviter à demander à M. le baron de Zuylen des explications sur les mouvements qui auraient eu lieu dans l’armée hollandaise.

Lord Palmerston a approuvé si complètement cette démarche du gouvernement du Roi qu’il en fera faire une du même genre à La Haye et qu’il a déjà envoyé au chargé d’affaires d’Angleterre une note qu’il devra passer à M. de Zuylen. Cette note reproduit à peu près les termes de la lettre dont vous avez bien voulu m’adresser une copie.

Je ne l’ai point détourné de donner à des représentations à La Haye la forme qu’il a choisie mais je pense que votre lettre à M. Drouyn de Lhuys est préférable, et qu’il est souvent bon d’éviter l’emploi d’une note diplomatique dont la gravité peut quelquefois blesser. Je suis porté à le croire par l’exemple que je viens précisément d’en voir. Vous avez su, Monsieur le duc, que le cabinet de Vienne avait fait une réponse évasive, à peu près comme celle du cabinet de Berlin, à la note de l’ambassadeur d’Angleterre, relative aux événements qui se sont passés dans le Luxembourg. Mais, en même temps %. De Metternich a chargé l’ambassadeur d’Autriche à Londres de donner des explications plus étendues au cabinet anglais. Ces explications portent sur les deux points qui ont servi de prétexte à l’arrestation de M. Hanns, c’est-à-dire la levée de la milice et la vente des coupes de bois dans le rayon stratégique de la forteresse de Luxembourg. Sur le premier de ces points, M. de Metternich soutient que le gouvernement belge était dans son tort parce que la levée de la milice est une question militaire et qu’à ce titre le général Dumoulin pouvait mettre opposition aux mesures de l’administration belge. Quant à la vente des coupes de bois, le chancelier d’état croit que la Belgique avait droit d’en réclamer la jouissance et ajoute assez ironiquement qu’à cet égard, il ne peut partager l’opinion de lord Palmerston qui dans le principe de la discussion avait blâmé la réclamation des Belges. M. de Metternich fait valoir cette dernière circonstance pour montrer l’impartialité qu’il apporte dans l’appréciation des faits et il termine en exprimant l’étonnement que lui a causé la démarche faite à Vienne par le cabinet anglais, démarche qui, dit-il, n’était motivé par rien puisque l’Angleterre a un ministre à Francfort et la Belgique un ministre à Vienne, et que dans l’ordre des convenances, c’est un de ces deux agents qui aurait dû être chargé d’agir et non l’ambassade d’Angleterre en Autriche. Il règne en tout dans cette communication de M. de Metternich un ton qui décèle toujours ses dispositions peu bienveillantes, soit pour le gouvernement anglais, soit peut-être pour lord Palmerston seulement ; et on voit que le chancelier d’état a saisi avec empressement l’occasion de blâmer la note, peut-être, remise un peu légèrement au cabinet autrichien par sir Frédéric Lamb.

Lord Palmerston a été comme vous, Monsieur le duc, fort mécontent du langage tenu à Francfort par M. de Nagler et du projet du cabinet prussien qui consisterait dans l’entier abandon par les Belges du rayon stratégique de Luxembourg à la Confédération. Il a déjà écrit à Berlin dans des termes très forts pour charger lord Minto d’annoncer que le gouvernement anglais ne discuterait pas même l’admission d’un tel projet.

Agréez, Monsieur le duc, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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