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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

4 AOUT 1831







4 août 1831

Monsieur le Comte,

J’ai eu l’honneur de vous envoyer, le 26 juillet, une copie des lettres que la Conférence a écrite aux ministres des Affaires étrangères à La Haye et à Bruxelles afin que leurs gouvernements accréditassent à Londres des plénipotentiaires munis des instructions nécessaires pour terminer par un traité définitif la négociation relative à la séparation de la Hollande et de la Belgique.

J’ai l’honneur, Monsieur le comte, de vous envoyer la copie des réponses que la Conférence a reçues à ces deux communications.

Le roi de Hollande accède à la proposition qui lui a été faite et il annonce que ses plénipotentiaires à Londres recevront les instructions nécessaires pour travailler à un traité définitif destiné à régler la séparation de la Hollande et de la Belgique mais qu’il a cru devoir appuyer la négociation par des moyens militaires auxquels il dit qu’il est d’autant plus fondé que tous les délais accordés aux Belges pour adhérer aux bases de la négociation sont expirés depuis le 1er juin.

D’un autre côté, le gouvernement belge refuse d’envoyer des plénipotentiaires à Londres. Le gouvernement parle qu’il ne peut être question du traité définitif qu’après l’adoption réciproque des 18 articles préliminaires et que ces articles ayant été admis par un acte solennel du Congrès ils sont devenus la loi fondamentale de l’Etat et que, par conséquent, le Roi ne pourrait en sortir sans se mettre en contradiction avec la loi.

Ainsi les Belges se placent aujourd’hui dans la position qu’avait prise le roi de Hollande quand il disait qu’il n’enverrait des commissaires démarcateurs et liquidateurs que lorsque le gouvernement de Bruxelles aurait adhéré au protocole du 20 janvier car, les Belges déclarent maintenant qu’ils ne pourront s’occuper d’un traité définitif et envoyer, à cet effet, des plénipotentiaires à Londres que lorsque le roi de Hollande aura adhéré aux 18 articles préliminaires que la Conférence a proposés et qu’ils ont acceptés.

Le roi de Hollande a commencé à suivre le plan qu’il s’est tracé d’appuyer la négociation par des moyens militaires et on a dû vous écrire que le général Chassé a notifié, le 1er du mois, au commandant de la ville d’Anvers, que son souverain avait décidé que les hostilités seraient reprises dans 3 fois 24 heures ; c’est-à-dire, aujourd’hui 4 août à 9 ½ du soir. Je joins ici la copie de cette dénonciation d’armistice.

M. de Zuylen est à Londres, depuis hier : Le roi de Hollande lui a donné, ainsi qu’à M. de Falck, les pouvoirs les plus étendus. Il affirme qu’il n’avait aucune connaissance que son souverain fut déterminé à rompre l’armistice, résolution qui, en effet contraste singulièrement avec celle d’entrer en négociation.

M. le prince d’Esterhazy a reçu, ce matin, un courrier qui lui annonce que les Hollandais ont attaqué les avant-postes belges et ont occupé trois villages.

La Conférence donne à ces événements toute l’attention qu’ils exigent : j’aurai l’honneur de vous faire connaître les résolutions qu’ils pourront la mettre dans le cas d’adopter. Je recevrai, sans doute, bientôt de M. le général Bélliard et du chargé d’affaires de France à La Haye des avertissements sur ce qui se passe autour d’eux. Il est bien à regretter que nous n’ayons pas en ce moment de ministre en Hollande.

M. de Van de Weyer a présenté, hier, la lettre de notification de l’avènement du prince Léopold au trône de Belgique et les lettres qui l’accréditent comme envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire à la cour de Londres.

M. Adair part incessamment pour se rendre à Bruxelles ; comme il a, depuis longtemps, le rang d’ambassadeur, il a accepté cette mission que comme mission temporaire.

Je joins ici les derniers protocoles de la Conférence qui ont été imprimés au Foreign Office : j’ai également l’honneur de vous envoyer un paquet qui vous est adressé par le chargé d’affaires de France à La Haye.

Agréez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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