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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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2è LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

30 JUILLET 1831







Londres, le 30 juillet 1831.

Monsieur le Comte,

Nous avons eu hier une conférence sur les affaires de la Grèce. L’attention des plénipotentiaires s’est portée sur trois points principaux : 1° Les secours que réclame le gouvernement grec ; 2° la nouvelle délimitation des frontières ; 3° le choix du souverain.

Sur le premier point j’ai fait pressentir les difficultés que la France éprouverait à donner de nouveaux secours aux grecs ; j’ai rappelé les sacrifices qu’elle avait déjà faits et qu’elle continuait à faire en maintenant un corps d’occupation en Morée. Ces observations ont été appréciées par les plénipotentiaires russes et anglais, mais cependant, ils m’ont exprimé le désir que je vous entretienne encore des conséquences dangereuses qu’aurait pour la Grèce la prolongation de son état actuel, ils pensent que de nouveaux secours en argent seraient absolument nécessaires ; que d’ailleurs en accordant la garantie d’un emprunt on mettrait pour première condition le remboursement avant tout des avances faites par les trois puissances au gouvernement grec ; mais qu’il serait avantageux que les trois puissances accordassent les mêmes secours en même temps parce qu’il faut quelque chose d’utile pour la Grèce, en montrant leur union pour ce qui la regarde.

Le prince de Lieven et lord Palmerston comprennent tous deux que la garantie d’un emprunt a été assurée à la Grèce indépendamment du choix qui avait été fait du prince Léopold comme souverain de ce pays. Je ne me suis point engagé à ce sujet et j’ai seulement promis de vous rendre compte de l’opinion exprimée par ces deux plénipotentiaires.

Il a été décidé par la Conférence que les limites de la Grèce seraient fort reculées et que des instructions seraient transmises à ce sujet aux ambassadeurs à Constantinople chargés de suivre la négociation avec la Porte ottomane. Il a été convenu en outre que je vous adresserais ces instructions quand elles seront rédigées et qu’elles ne seraient envoyées à Constantinople qu’après avoir reçu votre approbation.

Quant au choix du souverain, les deux plénipotentiaires ont proposé le prince Frédéric, second fils du roi des Pays-Bas en faisant valoir son âge, sa réputation et son alliance intime avec la famille royale de Prusse. Je n’ai pu rien répondre à cette proposition parce que je n’avais aucune instruction sur ce point, mais je me suis rappelé que ce prince avait déjà été repoussé par l’ancien gouvernement français, et comme je pense que les raisons qui l’ont fait rejeter alors subsistent encore aujourd’hui, vous vous déciderez sans doute à l’exclure et je ferai valoir vos motifs d’exclusions.

J’ai à mon tour indiqué le prince Charles de Naples comme pouvant remplir les vues des puissances sur la Grèce ; j’ai développé les considérations renfermées dans votre lettre du 18 de ce mois en faisant sentir de quel avantage serait pour la Grèce le voisinage du Royaume des Deux-Siciles et l’assistance qu’elle serait en droit d’en attendre. A ces considérations, on m’a opposé la religion du prince de Naples en disant qu’on avait précédemment reconnu qu’un prince catholique serait mal vu en Grèce ; que ce prince était trop jeune pour satisfaire aux exigences de l’état présent du pays ; qu’il fallait adopter ou la combinaison d’un prince mineur dirigé par des ministres instruits et prudents, ou celle d’un prince tout formé et qui fût en état de gouverner avec fermeté un pays déchiré par les divisions politiques. On trouverait alors des avantages à ce qu’il fut marié et qu’il eut des enfants.

J’ai annoncé que je vous ferais part de ces observations qui doivent aussi vous être communiquées par lord Granville. J’attendrai les nouvelles instructions que vous croirez devoir me donner.

Agréez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
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