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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 13




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2è LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

DUC DE BROGLIE

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

14 FEVRIER 1834







S. N.

Londres, le 14 février 1834

Monsieur le duc,

Sur la demande du chargé d’affaires de Grèce, M. Skinas, la Conférence s’est réunie aujourd’hui pour entendre et examiner la proposition qu’il était chargé de nous faire de donner notre garantie à la troisième série de l’emprunt grec. M. Skinas a été admis à la Conférence ; il nous a exposé l’état embarrassé des finances de la Grèce, et après beaucoup de détails qu’il nous a donné verbalement, il a fini en nous assurant que l’émission de la troisième série de l’emprunt pouvait seule préserver le gouvernement grec du déficit qui le menaçait, et il nous a en conséquence demandé la garantie de la troisième série.

Nous savions, lord Palmerston et moi, que le prince de Lieven avait reçu des ordres qui l’empêchaient de consentir à ce que cette garantie fut donnée. Les difficultés devaient donc venir de lui. Aussi lorsqu’il a pris la parole il a remarqué qu’avant l’expiration de la première année le gouvernement grec avait déposé les premiers 40 millions qu’il avait touchés, et, motivant son avis sur les devoirs de protection et d’amicale surveillance que la Russie et les deux autres Puissances ont encore à remplir envers la Grèce, il a établi qu’il était nécessaire de différer de donner la garantie demandée, jusqu’à ce qu’il fût prouvé que le besoin avait motivé les dépenses faites et que l’ordre les avait régularisées. Il a désiré aussi qu’il fût démontré, par des états constatés de recettes et de dépenses, que, les ressources de la Grèce ne répondant point à ses besoins, il était nécessaire de rétablir, par l’émission de la troisième série de l’emprunt, l’équilibre financier indispensable à la marche du gouvernement grec. M. de Lieven a ajouté que les premiers renseignements remis à la Conférence pour lui servir de règle dans les appréciations, avaient été faites à la hâte ; car le gouvernement grec avait été établi au mois de janvier 1833, et les états que nous avions sous les yeux avaient été envoyés au mois de mars de la même année ; des informations prises dans un intervalle de temps aussi court, lui paraissaient être plutôt des aperçus que des états véritables de recette et de dépense ; qu’en outre M. Skinas s’étant servi de ces états, dressés pour l’année 1833, afin d’établir les besoins du service en 1834 et 1835, il n’y avait pas pour la Conférence de moyen d’agir avec la sûreté et la régularité qu’on doit mettre dans tout arrangement financier de cette importance ; M. de Lieven a terminé en demandant à consulter des pièces plus récentes et qui donnâssent plus de confiance.

Nous nous sommes rendus à ces observations qui ne nous engageaient qu’à un délai. Ce délai sera très court, Monsieur le duc ; l’année financière finit au mois de février, et ce sera d’après les comptes qui auront été rendus des dépenses de l’année dernière, et qui seront adressés à la Conférence, qu’elle devra juger s’il y a opportunité d’émettre la troisième série de l’emprunt.

Je n’ai pas besoin, Monsieur le duc, de vous faire remarquer que ce qui se montre dans l’opinion de M. le prince de Lieven n’est pas le véritable motif sur lequel elle est fondée. La Russie ne veut pas perdre un moyen d’action qui lui reste encore sur les affaires de la Grèce. Peut-être a-t-elle des projets particuliers dont des difficultés présentes rendraient l’exécution plus facile. Les renseignements que vous devez avoir, Monsieur le duc, et que je n’ai pas, vous feront juger mieux que personne de la valeur des conjectures que nous formons ici, et vous expliqueront ce qui fait que la Russie qui était la première il y a un an à demander la garantie des trois Puissances, se montre aujourd’hui si difficultueuse sur ce point.

Agréez, Monsieur le duc, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
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