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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 13




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

DUC DE BROGLIE

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

12 JANVIER 1834







N° 3

Londres, le 12 janvier 1834

Monsieur le duc,

En lisant les journaux français du 9 de ce mois, j’y ai remarqué un article tiré de la gazette d‘Augsbourg du 5, qui ne vous aura pas échappé et qui a été répété par tous les journaux d’Angleterre.

Le correspondant de la gazette d’Augsbourg, en faisant mention d’un traité conclu entre la Russie et l’Autriche, pour garantir l’existence de l’empire ottoman, même dans le cas où la dynastie régnante viendrait à s’éteindre, mais avec l’exclusion de Mehemet Ali, ajoute que le prince de Metternich a communiqué les dispositions de ce traité à sir Frédéric Lamb, qui les a approuvées dans les termes les plus positifs.

Quelque rassuré que je dusse être par les déclarations des ministres anglais, dont j’ai eu l’honneur de vous rendre compte par mes dernières dépêches, l’exclusion de Mehemet Ali, que je savais être de nature à toucher le cabinet anglais, a élevé quelques doutes dans mon esprit, et j’ai cru devoir réclamer encore de nouvelles explications de lord Grey et de lord Palmerston. En conséquence je les ai revus hier et je dois vous répéter que leur langage a été aussi précis et aussi explicite que dans tous nos entretiens précédents.

Sans qu’il ait été question récemment entre nous du Pacha d’Egypte, je ne puis cependant pas négliger de vous dire, Monsieur le duc, que le gouvernement du Roi ne saurait apporter assez de ménagements pour ôter tout soupçon au gouvernement anglais sur la nature des relations qu’il peut entretenir avec ce Pacha. Je suis à peu près certain qu’ici on nous suppose des arrière-pensées sur ce point.

Lord Palmerston m’a dit qu’il avait expédié à Paris les dépêches de sir Frédéric Lamb qui doivent vous être montrées, mais il m’en a donné à lire une nouvelle qui était arrivée le matin, et dans laquelle cet ambassadeur annonce que, d’après les conversations qu’il a eues, ainsi que M. de Saint-Aulaire, avec le prince de Metternich, il a acquis la conviction que le chancelier d’état ne cherchait qu’à détacher les Cours de France et d’Angleterre l’une de l’autre.

Je ne sais pas jusqu’à quel point cette observation de sir Frédéric Lamb est fondée, mais elle me parait être une indication qui peut ne pas être inutile.

Vous trouverez dans le Globe d’hier soir un long article qui par tout son ensemble offre un nouveau témoignage de la sincérité des assurances que j’ai reçues depuis trois jours. Ce journal ministériel insiste avec une force vraiment remarquable sur la nécessité de l’union de la France et de l’Angleterre.

J’ai l’honneur de vous transmettre une copie du traité du 8 juillet, telle qu’elle a été adressée par lord Ponsomby. La rédaction de l’article séparé différant de celle dont M. le prince de Lieven a donné lecture ici, je désirerais que vous voulussiez bien faire vérifier si la copie ci-jointe est conforme à celle que vous avez reçue.

Agréez, Monsieur le duc, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.


Article séparé du traité d’alliance conclu le 8 juillet 1833


Communiqué par S. E. le Chiayah Bey à S. E. lord Ponsomby ce 11 septembre 1833.


Traduction


En suivant le principe de la réciprocité, la Sublime Porte fermera, au besoin, le détroit de la mer blanche ; c’est-à-dire elle ne permettra, sous quelque prétexte que ce puisse être, à aucun bâtiment étranger d’entrer dans le dit détroit ; et cet article aura la même force et vigueur que s’il était inséré mot à mot dans le traité ostensible de l’alliance défensive. Fait à Constantinople le 20 safer 1249 (8 juillet 1833).


Traité d’alliance conclu le 8 juillet 1833 entre la Cour de Russie et la Sublime Porte.



Plénipotentiaires : de la part de la Porte, S. A. Leraskier Mehmed Asrew Pacha ; S. E. le conseiller et général en chef de la Garde impériale Mouchir Ahmed Kuzi Pacha ; et S. E. le reiss effendi Mehmed Akif effendi : et de la part de la Russie, S. E. le comte Alexis Orloff, ambassadeur extraordinaire et aide de camp de S. M. l’empereur de Russie ; et S. E. M. Bouteneff envoyé extraordinaire de la Cour de Russie.


Traduction


Art. 1 – Il y aura à jamais paix, amitié et alliance entre la Hautesse le très puissant empereur ottoman et S. M. l’empereur de Russie, leurs gouverneurs, et leurs sujets respectifs, tant sur mer que sur terre ; et comme cette alliance a pour but la défense des deux empires contre toute espèce d’attaque, les deux hautes parties contractantes promettent d’arranger toutes les affaires qui pourront intéresser leur tranquillité et leur sécurité réciproques, sans en omettre aucune ; et de se donner, pour atteindre le but qu’on se propose, des secours effectifs et une assistance énergique.

Art.2 – Le traité de paix conclu à Adrianople le 2 septembre 1829, tous les autres traités, y compris l’acte signé à Saint Pétersbourg le14 avril 1830, et les arrangements concernant la Grèce, conclus à Constantinople le 9/21 juillet 1832, sont confirmés comme s’ils étaient insérés mot à mot dans le présent traité d’alliance défensive.

Art. 3 – D’après les principes qui seront la base du présent traité d’alliance, savoir, la conservation et la défense respectives, la Cour de Russie désire sincèrement apurer la conservation et l’indépendance de l’empire ottoman ; en conséquence, S. M. le très puissant empereur de toutes les Russies s’engage à donner à la Sublime Porte les secours de terre et de mer nécessaires, en cas qu’elle se trouvât (ce qui n’aura pas lieu, s’il plait à Dieu) dans des circonstances qui l’obligeassent de demander à la Russie des secours de terre et de mer. Il est convenu de part et d’autre, que, le cas échéant, ce sera à la Sublime Porte de fixer le nombre des forces de terre et de mer qu’elle voudra appeler à son secours.

Art. 4 – Si l’une des deux hautes parties contractantes demande des secours à l’autre, celle qui les aura demandé ne sera tenu qu’à faire les frais des vivres qui seront fournis aux troupes auxiliaires.

Art. 5 – Bien que les deux hautes parties contractantes ayant vraiment l’intention de maintenir le présent traité pour longtemps, il se peut, cependant, que des circonstances à venir rendent nécessaires d’y apporter des changements. Cela étant, il est convenu de fixer à ce traité un terme de huit ans, à compter du jour de l’échange des ratifications ; si des circonstances prochaines rendaient nécessaire le renouvellement du présent traité, les deux parties contractantes s’entendront là-dessus.

Art. 6 – Le présent traité défensif sera ratifié de part et d’autre, et l’échange des ratifications aura lieu à Constantinople dans le terme de deux mois, ou plutôt si faire se pourra.


Conclusion


Le présent traité défensif, renfermant 6 articles, a été négocié et conclu par nous en vertu de nos pleins pouvoirs, et les ratifications du même seront échangées entre nous lorsqu’elles viendront. C’est aussi en vertu de nos pleins pouvoirs que nous avons remis le traité à MM. les plénipotentiaires de la Cour de Russie.

Fait à Constantinople ce 20 safer 1249, répondant au 8 juillet de l’an de grâce 1833.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
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