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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 13




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

DUC DE BROGLIE

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

11 SEPTEMBRE 1833







N° 169

Londres, le 11 septembre 1833

Monsieur le duc,

M. Duault m’a remis la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 5 de ce mois sous le N° 98. J’ai lu avec un grand intérêt la dépêche de M. le comte de Rayneval du 30 août dont vous avez bien voulu me transmettre une copie, et j’ai déjà fait usage de ce qu’elle contient dans mes conversations ici.

M. Georges Villers, à son passage par Paris en se rendant en Espagne, vous aura communiqué les vues de son gouvernement sur l’état de la péninsule ; il en avait reçu l’odre de lord Palmerston. Il est chargé de la réponse du cabinet anglais à la dernière note de M. de Zéa, qui, comme vous le savez déjà, ne portait que sur deux points ; l’occupation des forts de Lisbonne par des troupes britanniques et le débarquement de ces mêmes troupes pour protéger les sujets anglais, dans le cas où, par suite d’un conflit à Lisbonne même, ils auraient besoin d’une protection. Sur le premier point vous êtes instruit, Monsieur le duc, que le cabinet espagnol a eu pleine satisfaction ; quant au second lord Palmerston a répondu que rien ne pourrait empêcher l’amiral anglais d’employer tous les moyens qu’il possèderait pour protéger les intérêts britanniques, s’ils étaient menacés, et qu’à cet égard il avait reçu des instructions formelles. Aux deux articles que j’ai indiqués ci-dessus M. de Zéa avait joint des protestations d’amitié auxquelles lord Palmerston a répondu par des assurances du même genre. Du reste vous serez beaucoup mieux informés sur ces questions par votre conversation avec M. Villers que je ne pourrais le faire par ma correspondance.

Les nouvelles de Portugal qui vous seront données par les journaux anglais d’aujourd’hui montrent que les affaires de ce pays touchent d’une crise, sinon décisive, au moins très importante ; les forces de dom Pedro et de dom Miguel se balancent à peu près, et il est impossible de prévoir quelle sera l’issue de la lutte. La reine Dona Maria restera jusqu’au lundi 15 à Windsor, d’où elle retournera à Portsmouth. On annonce son départ de ce port pour Lisbonne comme très prochain, mais vraisemblablement elle ne partira pas avant qu’on ait l’assurance qu’elle ne courrera aucun danger dans sa capitale.

M. le baron Verstolk est venu ce matin m’annoncer qu’il avait reçu l’ordre du roi son maître de se rendre à La Haye ; il m’a dit ensuite que les explications qu’il avait transmises dernièrement au roi n’ayant pas suffisamment éclairé S. M., elle désirait s’entretenir et se concerter avec lui sur les nouvelles difficultés qui ont arrêté la négociation, et que c’était là le seul motif de son voyage. M. Verstolk partira samedi prochain.

Nous croyons tous ici que ce voyage de M. Verstolk n’est qu’un moyen employé par le roi Guillaume pour retarder la conclusion du traité définitif ; on écrit à lord Palmerston qu’on fonde quelques espérances à La Haye sur l’entrevue que le prince d’Orange doit avoir avec l’empereur Nicolas ; vous remarquerez sûrement que l’arrivée de M. Verstolk à La Haye correspond exactement avec le retour du prince d’Orange en cette ville. Il est d’ailleurs évident que le roi des Pays-Bas veut saisir tous les prétextes possibles pour ne rien conclure avant le vote du budget par les Etats-Généraux ; nous avons calculé d’après cela que la négociation ne serait reprise à peu près que vers le commencement du mois de décembre, puisque les Etats-Généraux ne doivent se réunir qu’à la fin d’octobre.

Je crois que sans attacher une importance exagérée au voyage de l’empereur Nicolas, il ne sera pas inutile d’en surveiller attentivement les suites. Le retour de M. de Metternich à Vienne et de M. Ancillon à Berlin mettra M. de Saint-Aulaire et M. Bresson en position de vous communiquer quelques informations à ce sujet. Je vous serai particulièrement obligé de me les faire connaitre.

Agréez, Monsieur le duc, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
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