Optimisé pour
Espace de téléchargement










MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 13




RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS










LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

DUC DE BROGLIE

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

5 AOUT 1833







N° 151

Londres, le 5 août 1833

Monsieur le duc,

J’ai reçu la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire sous le N° 85, et j’ai vu avec une grande satisfaction, par les considérations qu’elle renfermait, que mon opinion se trouve parfaitement d’accord à la vôtre sur le grave évènement qui vient de se passer à Constantinople.

Je presse depuis plusieurs jours le ministère anglais de prendre un parti sur cette question dans le sens que j’avais l’honneur de vous indiquer par ma dernière dépêche et je puis vous dire la résolution à laquelle il s’est arrêté.

Un courrier anglais partira demain pour Constantinople et passera par Paris ; lord Granville sera chargé de vous communiquer la dépêche adressée à lord Ponsomby ; cette dépêche exprimera d’une manière nette et prononcée l’étonnement et le mécontentement qu’a éprouvé le gouvernement anglais en apprenant l’alliance conclue entre la Porte ottomane et la Russie, et l’ordre d’en faire part au gouvernement ottoman, en lui exposant les dangers de la situation dans laquelle il s’est placé. Lord Ponsomby devra faire comprendre que la Porte, en acceptant ce traité, renonce à son indépendance, qui, désormais, reste soumise aux volontés et aux exigences de la Russie ; que par ce fait seul sa puissance se trouve anéantie ; aux yeux de l’Europe aussi bien qu’à ceux de ses peuples. Il insistera particulièrement sur les changements qu’un tel traité doit produire dans les rapports existant entre la Sublime Porte et ses anciens alliés ; que l’Angleterre ne peut plus la reconnaitre que comme dépendant de la Russie, et qu’en cas de guerre par exemple avec cette dernière puissance elle se verrait obligée de traiter l’empire ottoman comme un ennemi ; qu’une pareille conséquence qui est cependant inévitable annulerait toutes les relations de la Porte avec d’anciens et fidèles alliés comme l’Angleterre et la France, et la livrerait au pouvoir de la Russie, son ennemie de tout temps.

Je viens de vous rapporter à peu près, Monsieur le duc, l’exposé de ce qui sera écrit à lord Ponsomby. Vous jugerez peut-être convenable de transmettre à l’amiral Roussin des instructions dans le même sens. Il me parait bien essentiel que les deux ambassadeurs combinent d’accord toutes leurs démarches, et agissent de concert en tout point.

Si vous adoptiez cette marche, vous croiriez sans doute devoir communiquer à lord Granville les instructions adressées par vous à l’amiral Roussin. Il serait utile aussi, je pense, que le courrier français, porteur de vos ordres, partir en même temps et peut-être même avec le courrier anglais, afin de fournir même dans l’exécution matérielle une preuve de la communauté de vues de la France et de l’Angleterre.

Il n’y a pas de temps à perdre puisque c’est le 8 du mois de septembre que doit avoir lieu l’échange des ratifications entre la Russie et la Porte ottomane et que c’est à empêcher cet échange que doivent tendre tous nos efforts.

Vous voyez que dans tout ceci je ne parle pas de l’Autriche. Comme j’avais l’honneur de vous le dire dans ma dernière lettre, une démarche envers l’Autriche dans le premier moment pourrait nous entraver, au lieu de nous servir. Mais après le départ des deux courriers, il y aurait peut-être de l’avantage à faire arriver à Vienne quelques réflexions sur les circonstances afin de se ménager plus tard le moyen de représenter au cabinet autrichien que nous n’avons pas négligé de lui faire connaitre notre opinion et qu’il n’a tenu qu’à lui de s’unir avec nous ; car il faut également éviter d’être entravé ou d’être accusé de manque de confiance.

Agréez, Monsieur le duc, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

******************************************


MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 13










RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS





© EX-LIBRIS réalisé pour ma collection par Nicolas COZON - Gravure au Burin sur Cuivre
Tirage réalisé par les Ateliers CAPPELLE à Sannois - Val d'Oise -
Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




Optimisé pour
Espace de téléchargement