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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 13




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

DUC DE BROGLIE

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

29 JUILLET 1833







N° 146

Londres, le 29 juillet 1833

Monsieur le duc,

J’ai reçu la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire sous le N° 83.

D’après les observations que vous voulez bien m’adresser au sujet de l’article III du traité entre les Pays-Bas et les cinq Puissances, il me parait que vous n’avez peut-être pas donné assez d’importance aux considérations que j’exposais dans ma dépêche N° 140. Je vous annonçais que les plénipotentiaires d’Autriche et de Prusse avaient reçu l’ordre de leurs Cours de faire des réserves, si, lors de la signature du traité définitif, l’arrangement entre la Diète germanique et la Cour des Pays-Bas ne se trouvait pas conclu. Nous avons pensé, et je crois avec raison, que des réserves de ce genre présentaient de graves inconvénients et du moment que les cabinets de Vienne et de Berlin attachaient à cette affaire une telle importance, il nous a paru que nous devions les satisfaire sur un point qui dans le fond ne nous intéresse pas. Notre but n’a été et ne devait être dans cette question que de détacher le plus possible l’Autriche et la Prusse de la cause du roi des Pays-Bas et nous croyons ici y être parvenu par la rédaction de l’article III. En adoptant une autre marche nous aurions mécontenté deux Puissances dont le concours nous est nécessaire, et nous aurions fourni au roi Guillaume un prétexte, en apparence plausible, pour trainer tout en longueur, ce qui était évidemment le servir à son gré. Si aujourd’hui et par suite de ce même article III, tel qu’il existe, le cabinet de La Haye conserve le pouvoir d’ajourner la conclusion du traité définitif, en se montrant difficile envers la Diète, il ne peut exercer ce pouvoir qu’à ses risques et périls, qu’en mécontentant son peuple par des retards qu’il ne saurait justifier. Nous sommes d’ailleurs toujours sur le meilleur terrain, et la position actuelle de la Belgique est trop avantageuse pour que la Hollande ne sente pas chaque jour plus vivement la nécessité de metre fin à un provisoire qui l’accable.

Tels sont, Monsieur le duc, les seuls éclaircissements qu’il me soit possible de vous donner sur cette affaire, qui, d’après ce que vous me faites l’honneur de me mander, n’éprouvera pas de difficulté à Francfort, lorsqu’elle y sera discutée. Vous verrez aussi par la dernière dépêche de M. d’Eyragues que le roi des Pays-Bas lui-même est assez disposé à faire près de la Diète la démarche que lui impose l’article III du traité préliminaire.

Je puis du reste vous assurer que le plénipotentiaire autrichien n’a pas eu plus de participation à la rédaction de l’article III que les autres membres de la Conférence, et, tout en convenant avec vous que nous ne pouvons pas donner notre adhésion à l’omnipotence diétale telle qu’elle est comprise par M. le prince de Metternich, on doit reconnaitre que dans cette circonstance cependant la Diète avait le droit de réclamer sa part d’influence dans une négociation dont le résultat en définitive apportera des changements assez graves dans ses rapports avec le grand-duché de Luxembourg.

Nous avons eu aujourd’hui une conférence de quatre heures avec les plénipotentiaires belges dans laquelle les dix-huit articles déjà paraphés par les plénipotentiaires néerlandais l’ont été, sans aucun changement par MM. Goblet et van de Weyer.

Lord Minto est venu hier chez moi pour me prier de vous engager à envoyer M. Bresson, comme baigneur à Töplitz ; je sais que lord Palmerston a du écrire à lord Granville pour qu’il vous fit la même demande. M. Bresson pourrait mieux que personne, s’il se fait quelque chose, vous en rendre compte. Lord Minto ne pourrait se trouver que dans dix à douze jours à Töplitz, où est déjà lady Minto.

Je viens de voir une lettre de M. de Metternich du 16 au moment de son départ pour Königsmarck où il comptait rester jusqu’au 2 août. Le 8 ou le 9 l’empereur d’Autriche donnera un dîner à S. M. le roi de Prusse dans un de ses chateaux de Bohème. M. de Metternich qui assistera aussi à cette réunion annonce que le roi de Prusse retournera le même jour à Töplitz et lui de son côté à Königsmarck. Il n’est pas question dans la lettre de M. de Metternich du voyage de l’empereur Nicolas.

Agréez, Monsieur le duc, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

P. S. dix heures du soir. Le rapport du Bill sur l’église d’Irlande vient d’être lu à la chambre des Pairs ; on a demandé une division ; elle a eu lieu ; et la majorité en faveur du Bill a été assez considérable pour laisser supposer qu’il passera à la troisième lecture.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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