Optimisé pour
Espace de téléchargement












MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 13




RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS










LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

DUC DE BROGLIE

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

26 JUILLET 1833







N° 144

Londres, le 26 juillet 1833

Monsieur le duc,

J’ai eu l’honneur de recevoir la dépêche que vous avez bien voulu m’écrire sous le N° 82.

J’ai bien compris l’intérêt que vous deviez mettre à suivre la marche de la négociation sur les affaires hollando-belges ; aussi continuerai-je, comme je l’ai fait depuis la reprise de la négociation, à vous tenir au courant de toutes les délibérations de la Conférence. J’ai eu l’honneur de vous transmettre, le 15 de ce mois, les deux projets de traité qui nous avaient été remis par les plénipotentiaires hollandais ; le 22, je vous ai envoyé le nouveau projet proposé par la Conférence pour le traité entre les cinq Puissances et les Pays-Bas et je joins à la dépêche d’aujourd’hui les dix-huit articles du traité entre les Pays-Bas et la Belgique, qui ont déjà été paraphés par la Conférence.

Je dois vous faire remarquer, Monsieur le duc, à l’égard de ces dix-huit articles que, quoiqu’ils aient été paraphés par les plénipotentiaires hollandais, leur rédaction n’est pas définitivement arrêtée, puisqu’ils n’ont pas reçu l’approbation des plénipotentiaires belges ; c’est demain seulement qu’ils seront discutés en Conférence avec MM. Goblet et van de Weyer. Vous verrez que ces dix-huit articles ne diffèrent que par des mots de ceux auxquels ils correspondent dans le traité du 15 novembre, et il est probable que les plénipotentiaires belges, qui en ont eu connaissance par nous, opposeront très peu de difficulté à leur adoption.

Quant à la forme dans laquelle les plénipotentiaires belges sont admis à prendre part aux travaux de la Conférence, je puis vous dire qu’ils ont été consultés en particulier par lord Palmerston et par moi sur tous les points qui rendaient nécessaires des éclaircissements de leur part. S’ils n’avaient pas été appelés jusqu’à présent dans le sein même de la Conférence, c’est parce qu’on avait jugé qu’il valait mieux éviter tout ce qui pourrait ôter à la discussion le ton de confiance si utile en pareille circonstance et empêcher toutes les longueurs que les susceptibilités en présence auraient rendu inévitables. Il a semblé plus raisonnable aussi d’écouter d’abord les plénipotentiaires néerlandais puisque c’étaient eux qui avaient à présenter des contre-propositions aux articles du traité du 15 novembre. En conséquence il a été convenu que quand un certain nombre d’articles auraient été discutés et arrêtés entre la Conférence et les plénipotentiaires néerlandais, ils seraient communiqués aux Belges et soumis à une nouvelle discussion entre eux et la Conférence. J’ai d’autant plus aisément consenti à l’adoption de cette marche, qui offre le plus de chances de conciliation, que MM. Goblet et van de Weyer s’en sont montrés satisfaits ; ils savent que rien ne sera décidé sans eux et que s’ils étaient amenés à faire quelques concessions sur des questions secondaires, ce qui, dans l’état des choses, n’est pas à prévoir, la Belgique obtiendrait en définitive tout ce qui peut être non seulement nécessaire, mais même avantageux à son existence future. La France et l’Angleterre lui offrent à cet égard toutes les garanties qu’elle peut désirer. Vous jugerez d’après cela, Monsieur le duc, que la susceptibilité du cabinet de Bruxelles a été ménagée autant qu’il était convenable.

Je chercherai à vérifier, autant qu’il sera en mon pouvoir, la conjecture qu’a fait naître en dernier lieu la conduite de dom Pedro en Portugal, ainsi que l’opinion que le cabinet anglais a pu en prendre. Il m’est assez difficile d’entretenir confidentiellement lord Palmerston sur ce point, car, d’après les indications que renferment plusieurs dépêches que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire, j’ai dû décliner plutôt que provoquer des explications. Je pense du reste que le gouvernement anglais n’a pas lui-même de plan bien arrêté sur la politique qu’il lui convient d’adopter en ce moment envers le Portugal. Les discussions soulevées récemment dans la chambre des Pairs à ce sujet ont révélé beaucoup d’hésitation de la part des ministres et je suis porté à croire qu’ils attendent encore le résultat de la tentative faite par MM. de Palmella et Villa-Flor, avant de prendre un parti décisif.

Lord Palmerston a reçu de nouvelles lettres de Constantinople de lord Ponsomby qui, d’après ce qu’il écrit, parait plus convaincu qu’il ne l’était d’abord de l’existence d’un traité d’alliance entre la Russie et la Porte Ottomane. Sir Frédéric Lamb qui a parlé de nouveau de ce traité avec M. de Metternich écrit que le chancelier d’état se refuse toujours à y croire, et en donne pour raison que comme l’internonce à Constantinople ne lui en a rien mandé, il n’est pas possible que le fait soit vrai. Or, comme il n’est pas vraisemblable que l’internonce autrichien n’eût pas connaissance de ce traité, ne fut-il qu’en projet, et surtout qu’il n’en eût rien écrit à sa Cour, je trouve dans les dénégations de M. de Metternich la confirmation des conjectures que j’ai eu l’honneur de vous exprimer dans ma dépêche N° 140, et je persiste à croire que, si le traité est effectivement conclu, l’Autriche en est une des parties.

La discussion du Bill sur le temporel de l’église d’Irlande continue dans la chambre des Pairs et le ministère s’en était tiré sans embarras jusqu’à la 117ème clause ; hier soir un amendement sur cette clause a été adopté contre l’opinion des ministres et à une majorité de deux voies.

Agréez, Monsieur le duc, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

P. S. Neuf heures du soir. Lord Grey vient de déclarer dans la chambre des Pairs que l’amendement, sur la clause 117, adopté hier soir ne changeait rien à sa résolution de soutenir le Bill ; il a proposé plusieurs sous-amendements qui ont reçu l’approbation de la chambre, et il a été décidé ensuite que la discussion du Bill en comité serait terminée cette nuit. C’est probablement lundi qu’aura lieu la troisième lecture.

******************************************


MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 13










RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS





© EX-LIBRIS réalisé pour ma collection par Nicolas COZON - Gravure au Burin sur Cuivre
Tirage réalisé par les Ateliers CAPPELLE à Sannois - Val d'Oise -
Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




Optimisé pour
Espace de téléchargement