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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 13




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

DUC DE BROGLIE

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

15 JUILLET 1833







N° 140

Londres, le 15 juillet 1833

Monsieur le duc,

Il vient de m’être fait par les ministres de Prusse et d’Autriche à Londres une communication qui ne peut que me confirmer dans l’opinion que j’ai déjà eu l’honneur de vous exprimer sur la nécessité de hâter autant que possible l’arrangement des nouveaux rapports entre la Diète germanique et le grand-duché de Luxembourg, tel qu’il sera constitué par le traité entre la Hollande et la Belgique. Les cabinets de Vienne et de Berlin ont transmis à leurs plénipotentiaires à Londres des instructions par lesquelles ils leur imposent l’obligation de faire des réserves lors de la signature du traité définitif dans le cas où cette question n’aurait pas été encore résolue entre le Roi des Pays-Bas et la Diète.

Vous penserez sans doute comme moi, Monsieur le duc, que des réserves faites par l’Autriche et la Prusse au moment de la conclusion d’un traité qui doit être définitif, produiraient un très mauvais effet. Sans avoir un intérêt direct au fonds de la question, nous devons cependant, ce me semble, tenir à ce qu’il ne reste en arrière aucune cause de discussion.

Vous verrez d’ailleurs par votre correspondance de La Haye que l’affaire s’arrangera probablement avec plus de facilité qu’on ne le croyait d’abord, puisque les cabinets de Vienne et de Berlin, agissant ici au nom de la Diète germanique, ont déjà à peu près abandonné la proposition de joindre des districts du Limbourg au nouveau grand-duché de Luxembourg, et paraissent se borner à réclamer de la part du gouvernement des Pays-Bas le maintien du contingent en hommes et en argent, qui était à la charge de l’ancien grand-duché.

Je sors de la première réunion de la Conférence qui a eu lieu ce matin. Les plénipotentiaires des cinq Cours ayant d’abord reconnu qu’il n’existait plus aucun motif de désaccord entre eux, on a introduit MM. Verstolk et Dedel. Le premier de ces deux plénipotentiaires a commencé par quelques phrases polies sur les dispositions amicales qu’il apporterait dans la négociation et sur le désir de son souverain de la terminer promptement. Il a lu ensuite les deux projets du traité dont j’ai l’honneur de vous transmettre des copies. Cette première formalité remplie, nous avons prévenu les plénipotentiaires néerlandais que, d’après leur désir, nous discuterions d’abord le projet de traité entre les cinq Puissances et la Hollande ; et nous avons proposé ensuite pour le traité entre la Hollande et la Belgique de prendre pour base les 21 articles consentis déjà par les cinq Puissances ; nous examinerions dans ce cas avec MM. Verstolk et Dedel tous ceux de ces articles qui s’accordent avec leur projet ; et laissant de côté ceux qui donneront lieu plus tard à quelques discussions, nous parapherions successivement les articles adoptés par le gouvernement des Pays-Bas. Je suppose que cette marche finira par être consentie par les plénipotentiaires néerlandais.

M. le baron Verstolk a demandé que le secret fut gardé sur les pièces qu’il venait de nous remettre, et nous nous y sommes tous engagés. Je ne sais pas si quelque indiscrétion pourra être commise à cet égard, mais je verrais avec peine qu’elle vint de notre part, et je ne puis assez vous prier, Monsieur le duc, de tenir la main à ce que, pendant la négociation qui vient de s’ouvrir, il ne soit fait aucune publication des actes de la Conférence par le gouvernement du Roi. Cette discrétion, outre qu’elle est convenable, ne me parait pas sans importance.

Après la conférence, j’ai entretenu avec lord Palmerston de la communication que vous avez bien voulu me faire par votre dernière dépêche sur le projet d’un traité d’alliance entre la Russie et la Porte Ottomane, dont il vous a été rendu compte par l’amiral Roussin. Lord Palmerston a reçu les mêmes informations de lord Ponsomby, quoique d’une manière peut-être moins positive. Sir Frédéric Lamb lui écrit aussi que M. de Metternich, lorsqu’il lui en a parlé, s’est montré fort irrité qu’on crût à l’existence d’un pareil traité. Lord Palmerston et moi ne pouvons pas nous persuader que la Russie ait osé risquer une démarche de ce genre, mais mon opinion personnelle est que si le traité existe, l’Autriche doit en être une des parties, car on ne peut raisonnablement supposer que la Russie fit seule un traité qui mettrait nécessairement contre elle l’Autriche, la France et l’Angleterre. La conduite du cabinet de Vienne serait d’ailleurs dans cette occasion d’accord avec beaucoup de ses antécédents.

Agréez, Monsieur le duc, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
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