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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 13




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

DUC DE BROGLIE

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

13 MAI 1833







N° 111

Londres, le 13 mai 1833

Monsieur le duc,

J’ai eu l’honneur de vous annoncer que sir Putney Malcolm avait été appelé au commandement de la station anglaise dans la Méditerranée. Il doit partir immédiatement et est chargé d’instructions et de pouvoirs beaucoup plus étendus que ceux de son prédécesseur. M. Aston a du vous en donner communication, ainsi que de ce qui a été écrit à ce sujet à lord Posomby, ambassadeur d’Angleterre à Constantinople. L’amiral et l’ambassadeur doivent s’entendre avec l’amiral Roussin et on suppose ici que ce concert des deux Puissances sera suffisant pour assurer à leur politique dans le Levant l’influence qu’elle doit exercer dans les circonstances actuelles.

Le cabinet anglais abandonne le projet de convention que lord Palmerston m’avait promis de proposer aux trois Cours. Le prince de Lieven, auquel il a été communiqué, y a fait quelques objections dont la principale nous a un peu surpris. Il pense que l’empereur de Russie ne pourrait jamais consentir à entrer dans une convention qui constituait un véritable acte d’intervention dans les affaires intérieures de la Turquie. Sur l’observation de lord Palmerston, qu’il lui paraissait que l’envoi de vaisseaux et de troupes russes à Constantinople était un acte d’intervention bien plus positif encore, M. de Lieven a répondu qu’il ne pouvait pas être de cet avis. Le sultan, a-t-il dit, a sollicité des secours de l’empereur qui les lui a envoyés avec la ferme résolution de les laisser à la disposition de la Porte ottomane aussi longtemps qu’elle les jugerait nécessaire à sa sûreté, mais avec la même résolution de les retirer aussitôt que le sultan en témoignerait le désir. Il s’agit donc ici du secours d’un allié et non d’une intervention.

Quelque peu plausible que soit cette réponse, lord Palmerston a bien voulu s’en contenter et ne pas suivre un projet qui lui paraissait devoir rencontrer de nombreuses difficultés.

Vous aurez pu juger vous-même, Monsieur le duc, si les instructions remises à l’amiral Malcolm sont suffisantes pour amener une heureuse solution des affaires d’Orient.

Vous aurez appris par les journaux anglais le résultat de la discussion qui a eu lieu vendredi à la chambre des Communes sur l’embargo hollandais et sur l’état de la Turquie. Ce résultat quoique favorable au ministère ne le rassure pas, et les plaintes assez générales du commerce lui font impérieusement sentir la nécessité de mettre fin aux affaires de Belgique. Il serait bien difficile cependant de le décider à recourir à des moyens plus puissants que ceux qu’il a employés jusqu’à présent.

C’est demain que la chambre des Communes s’occupera de l’importante question de l’esclavage dans les colonies ; M. Stanley, le nouveau ministre des Colonies doit y soutenir une série de résolutions nouvelles proposées à ce sujet par le gouvernement. On croit que la discussion sera longue et animée ; le ministère s’est engagé là dans une affaire très grave ; il a d’une part contre lui les planteurs qui prétendent que la mesure proposée doit amener inévitablement leur ruine et celle des colonies, et de l’autre côté les partisans de l’abolition de l’esclavage soutenus partout les dissenters en Angleterre, qui ne trouvent pas cette mesure assez large à leur gré.

Le gouvernement négocie en ce moment avec les Etats-Unis de l’Amérique du Nord, pour obtenir leur adhésion à la convention sur la répression de la traite des noirs, conclue l’année dernière avec le gouvernement du Roi.

S. A. R. le duc d’Orléans se rendra demain à Windsor, il y passera la journée de mercredi et reviendra jeudi à Londres.

Agréez, Monsieur le duc, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
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