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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 13




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

DUC DE BROGLIE

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

29 AVRIL 1833







N° 101

Londres, le 29 avril 1833

Monsieur le duc,

J’ai reçu la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire sous le N° 50, ainsi que les trois pièces qui y étaient jointes et dont la lecture m’a extrêmement intéressée. J’apprends avec grand plaisir que vous regardez comme terminée la discussion qui s’était élevé entre la Cour de Pétersbourg et le gouvernement français, au sujet des négociations de l’amiral Roussin à Constantinople. C’est une complication de moins dans un moment où elles ne manquent assurément pas.

Quand cette dépêche vous parviendra, Monsieur le duc, les journaux anglais qui précèdent presque toujours nos courriers, vous auront déjà informé du grave embarras qu’a produit pour le cabinet le vote de vendredi soir dans la chambre des Communes, par suite le droit sur la Drêche ( malt-tax) a été réduit de moitié ; cette réduction causera dans les recettes une diminution de près de 2 500 000 £ ; et si l’abolition de la taxe sur les fenêtres (window-tax) était adoptée demain, comme il est possible qu’elle le soit, il se trouverait tout à coup un déficit dans les recettes de près de 5 000 000 £. Le ministère a eu de fréquentes réunions depuis trois jours afin de pourvoir à cet embarras. Il éprouve les plus graves difficultés pour couvrir le déficit dont il est menacé. Si d’une part il établit, comme on le propose, (the property-tax) il se passera un an au moins avant que les rôles aient pu être définitivement arrêtés ; et la confection deviendrait très compliquée par le rachat de cette taxe fait il y a plusieurs années par un grand nombre de propriétaires. On sait d’ailleurs combien sont peu certaines les évaluations d’un nouvel impôt. Si d’autre part le ministère préfère le secours d’un emprunt, il ne pourrait le faire qu’à des conditions très onéreuses, l’abolition de l’amortissement ayant diminué la confiance des prêteurs.

Vous voyez, Monsieur le duc, que cet incident est assez grave ; aussi a-t-il excité un mouvement très vif dans les esprits ; les fonds ont subi une altération considérable ; les journaux ont redoublé de violence dans leur polémique. On ne pense pas cependant que ce triomphe des ennemis du ministère puisse amener sa retraite ; mais il aura le fâcheux inconvénient d’éveiller la défiance de ses partisans et d’affaiblir par conséquent ses forces.

On croit que ce soir le ministère présentera à la chambre des Communes la résolution que le vote de vendredi l’aura obligé de prendre ; elle n’est point encore connue et l’heure de la marée m’empêchera sans doute de vous la transmettre aujourd’hui ; je vous écrirai demain à ce sujet par l’estafette.

Le post-scriptum de votre dépêche du 25, qui contenait la copie d’une lettre de M. Bresson du 18, m’avait causé une grande satisfaction qui n’a malheureusement pas duré longtemps ; les dernières nouvelles de Berlin nous apprennent que M. Ancillon au moment de signer la note convenue par le comte Matuszewic a tout à coup changé de volonté sous le prétexte que la note du 16 avril du cabinet de La Haye devait nous suffire, par les propositions qu’elle renferme au sujet de l’armistice. J’avoue que je ne comprends pas une pareille manière de traiter les affaires ; elle serait décourageante pour l’avenir, s’il ne fallait pas compter un peu aussi sur quelque nouveau caprice de M. Ancillon.

Nous n’avons pas de nouvelles de La Haye depuis l’envoi de notre note du 22 ; nous en attendons à chaque instant ; les premières qui arriveront n’auront probablement pas un grand intérêt. Il est bien à craindre que les incertitudes de M. Ancillon, l’état de l’Orient, et surtout l’embarras présent du ministère anglais ne nous créent de nouvelles difficultés à La Haye.

Agréez, Monsieur le duc, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

P.S. Comme je savais que M. le prince de Lieven avait communiqué à lord Palmerston la dépêche du comte Nesselrode du 26 mars, j’ai cru devoir aussi lui lire la dépêche adressée par vous à M. de Lagrénée. Il m’a paru qu’elle avait fait sur lui l’impression que nous devons désirer.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
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