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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 13




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

DUC DE BROGLIE

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

18 AVRIL 1833







N° 96

Londres, le 18 avril 1833

Monsieur le duc,

J’ai reçu les dépêches que vous m’avez fait l’honneur de m’adresser sous les N° 46 et 47.

J’ai vu hier lord Palmerston qui n’est point encore rétabli ; son état de faiblesse ne lui a permis de recevoir jusqu’à présent que M. Dedel et moi. J’ai profité de cette occasion pour l’entretenir des différents points que vous avez recommandés à mon attention.

En lui parlant des affaires du Levant je me suis servi utilement des réflexions que contenait votre dépêche N° 47 pour lui faire comprendre l’inconvénient d’un désaccord même apparent entre la Grande Bretagne et la France, dans les négociations suivies en ce moment à Alexandrie et à Constantinople. Il a apprécié l’importance de ces réflexions et m’a répondu que les instructions du colonel Campbell lui prescrivant à peu près de conformer sa conduite à celle du consul général de France, il ne doutait pas que notre action sur ce point ne fût simultanée ; qu’à l’égard de Constantinople il n’avait pas pu approuvé entièrement la vivacité que l’amiral Roussin avait déployée dans le début de la mission qui lui était confiée ; que le chargé d’affaires d’Angleterre, qui était sans instructions, avait dû montrer une réserve qui convenait mieux à sa position secondaire et peut-être aussi aux circonstances dans lesquelles il se trouvait placé.

Je suis bien aise du reste que vous ayez chargé lord Granville de présenter à lord Palmerston, les observations que vous a inspiré la conduite de l’Angleterre dans les affaires d’Orient ; j’ai été déjà plus d’une fois dans le cas de vous faire remarquer, Monsieur le duc, que le cabinet anglais, dominé soit par la préoccupation des progrès de la Puissance égyptienne, soit par l’indifférence qu’il apporte dans les questions de politique extérieure qu’il ne croit pas l’intéresser directement, a toujours accueilli froidement les propositions que je lui ai faites à plusieurs reprises. Je verrai donc avec plaisir lord Granville me prêter l’appui de son opinion près des membres du cabinet.

Lord Palmerston m’a dit que le chargé d’affaires d’Autriche lui avait fait part du projet de M. de Metternich, que vous avez bien voulu me communiqué et qui consisterait à traiter à Vienne les différentes questions relatives aux affaires du Levant. M. de Metternich ne voudrait pas que cette négociation prît la forme d’un congrès et d’une conférence ; il craindrait, sans doute, de paraitre imiter, en quelque chose, ce qui s’est fait à Londres. Lord Palmerston n’est pas éloigné d’adopter l’idée de M. de Metternich. Dans ce qui se rapporte au concours des quatre grandes Puissances pour régler la pacification du Levant ; car il pense, et je partage cette opinion, que la meilleure manière de neutraliser les mauvaises intentions que pourrait avoir la Russie est de l’appeler à concourir à toutes les négociations, et de la lier ainsi par des engagements qu’elle ne refuserait que difficilement de prendre. La Russie agissant seule doit appeler la plus grande surveillance, agissant avec les trois autres Puissances, le danger de son action est très affaibli. Mais d’autre part aussi, lord Palmerston voudrait que cette affaire se traitât plutôt à Constantinople qu’à Vienne. Les motifs apparents qu’il fait valoir sont la nécessité d’être sur les lieux même, dans une affaire de cette importance, et l’embarras des distances.

Je crois bien cependant que la véritable raison qui lui fait préférer Constantinople à Vienne est l’idée que M. de Metternich, en attirant cette négociation à Vienne, ne parvînt bientôt à y appeler les affaires de l’Europe, et à diminuer par là l’influence de l’alliance intime de la France et de l’Angleterre qui l’offusque toujours.

Dans mon opinion, Constantinople est préférable parce qu’on éviterait là l’inconvénient des retards, qui est si grave dans l’état de faiblesse de l’empire ottoman. Je suppose que la confiance que le gouvernement du Roi a placée dans l’amiral Roussin ne pourrait que s’accorder avec le choix de cette ville pour le centre de la négociation.

Agréez, Monsieur le duc, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
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