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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 13




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3è LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

DUC DE BROGLIE

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

17 JANVIER 1833







N° 53

Londres, le 17 janvier 1833

Monsieur le duc,

Je suis revenu hier soir de Brighton. Le roi et la reine ont montré beaucoup de bienveillance envers l’ambassadeur de France, et ont eu la bonté d’insister pour que je restasse vingt-quatre heures de plus que je n’en avais eu le projet.

A mon retour je suis descendu de voiture au Foreign Office, où j’avais donné rendez-vous à lord Palmerston. Nous avons discuté pendant fort longtemps la réponse du roi des Pays-Bas à nos propositions et j’ai pu fortifier lord Palmerston dans la résolution de n’entamer aucune nouvelle négociation avant de savoir exactement si l’Escaut était ouvert ou fermé ; nous nous sommes ensuite rendus ensemble chez lord Grey, qui a partagé notre opinion et il a été convenu que dans la conférence que nous allions avoir avec M. le baron de Zuylen, nous lui ferions connaitre la volonté irrévocable des gouvernements de France et d’Angleterre d’être assurés de l’état exact de la navigation sur l’Escaut, avant d’entrer dans la discussion des autres points de nos propositions.

M. de Zuylen a été bientôt introduit et nous a donné lecture du contre-projet que vous connaissez déjà, Monsieur le duc, et de la note qui l’accompagnait. Après cette lecture j’ai exprimé au plénipotentiaire néerlandais la satisfaction que nous éprouvions à retrouver dans la dernière communication de S. M. le roi des Pays-Bas un ton modéré qui peut seul assurer d’utiles résultats aux futures négociations ; j’ai saisi cette occasion pour lui rappeler combien la conduite des deux gouvernements de France et d’Angleterre avait été franche et conciliante dans toutes les circonstances.

Lord Palmerston, comme nous en étions convenus, a demandé à M. de Zuylen s’il était informé de l’état de choses qui existe en ce moment sur l’Escaut, et s’il était vrai, ainsi que différents rapports officiels l’annonçaient, que la navigation de ce fleuve eut été fermée par ordre de S. M. le roi des Pays-Bas. Le plénipotentiaire de Hollande a répondu à cette question qu’il n’avait aucune connaissance de ce qui avait pu être réglé par son gouvernement quant à l’Escaut ; que, d’après ce que nous venions de lui dire, il demanderait des renseignements à ce sujet à La Haye ; mais qu’en attendant on pourrait procéder à l’examen des contre-propositions de sa Cour. Lord Palmerston a répliqué qu’il ne serait possible de donner suite à la négociation, que lorsqu’on aurait une connaissance précise des résolutions adoptées par le cabinet de La Haye à l’égard de la navigation sur l’Escaut.

Sur l’observation de M. de Zuylen que cela entrainerait un retard de huit jours, puisqu’il ne pourrait pas avoir avant ce temps une réponse de Hollande, nous avons répondu : eh ! bien nous attendrons huit jours.

Un procès-verbal de ce qui venait de se passer a été immédiatement dressé ; il a été lu à M. de Zuylen et signé par lord Palmerston et par moi. J’ai l’honneur de vous en envoyer une copie.

Je crois, Monsieur le duc, que nous nous sommes placés sur un très bon terrain, en prenant ainsi dans notre première conférence avec le plénipotentiaire hollandais, un langage à la fois ferme et conciliant ; vous approuverez, je n’en doute pas, la marche que nous comptons suivre, et qui me semble d’accord avec les vues, que vous avez bien voulu m’exprimer dans vos dernières dépêches.

J’ai reçu les dépêches N° 8 et 9, que vous m’avez fait l’honneur de m’adresser, et auxquelles je me réserve de répondre une autre fois.

Agréez, Monsieur le duc, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
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