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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 13




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

DUC DE BROGLIE

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

11 JANVIER 1833







N°50

Londres, le 11 janvier 1833

Monsieur le duc,

J’ai reçu les dépêches que vous m’avez fait l’honneur de m’adresser sous les dates du 3 et du 7 janvier. Je dois vous remercier particulièrement des informations que renferme celle du 7 sur l’envoi de MM. Cochelet et de Lurdes en Portugal ; j’en ferai usage lorsque l’occasion s’en présentera.

Ce que vous m’apprenez du langage que M. de Zéa aurait tenu à M. de Rayneval, à l’occasion de la mission de sir Stratford Canning à Madrid n’a point lieu de me surprendre. Ce langage me parait s’accorder très bien avec les antécédents connus de M. de Zéa.

Je désirerais être en état de vous fournir, Monsieur le duc, les données que vous réclamez de moi sur le véritable but qu’a eu le gouvernement anglais en envoyant sir Stratford Canning en Espagne ; mais je dois vous faire observer qu’il est à peu près impossible de se procurer sur ce point d’autres renseignements que ceux qui vous ont été donnés par sir Stratford Canning lui-même. Lorsque je questionnai lord Palmerston à ce sujet, il me répondit que sir Stratford Canning avait reçu l’ordre de vous communiquer toutes ses instructions ; depuis lors, il m’a dit que cet ambassadeur en rendant compte des observations que vous lui aviez faites dans ses différents entretiens avec vous, s’en était montré satisfait et avait ajouté qu’il les trouvait parfaitement dans votre position. Cet ambassadeur n’est pas encore entré en Espagne ; il serait donc difficile de trouver un motif fondé pour supposer un changement dans les directions qui lui ont été données.

Du reste je suis porté à croire qu’on a laissé à sir Stratford Canning des pouvoirs assez étendus dans ses moyens d’actions ; il serait donc possible qu’en admettant la répugnance invincible de M. de Zéa d’adopter les propositions qui lui seront faites, le cabinet anglais ait prévu l’éventualité où il faudrait essayer d’éloigner ce ministre des affaires ; l’état de santé de M. de Zéa en offrant d’ailleurs un prétexte plausible. Cela m’étonnerait d’autant moins qu’on connait à Londres l’influence que la Cour de Russie exerce depuis longtemps sur l’esprit de M. de Zéa qui a été successivement consul et ministre d’Espagne à Pétersbourg, et appelé une première fois au ministère des Affaires étrangères par le roi Ferdinand, à l’instigation de la Russie. Comme on peut croire que dans les circonstances actuelles l’influence russe serait employée dans des vues opposées à celles des ministres anglais, il serait facile alors d’expliquer le but caché qu’on attribue à la mission de sir Stratford Canning.

Quoiqu’il en soit de ces suppositions, vous avez à Madrid, dans la personne de M. de Rayneval un ambassadeur trop habile pour qu’il ne découvre pas bientôt les véritables intentions de l’ambassadeur anglais et je ne doute pas qu’il ne vous transmette incessamment des notions précieuses qu’il serait hors de mon pouvoir de vous procurer d’ici.

Lord Palmerston m’a dit confidentiellement que l’empereur Nicolas avait témoigné l’intention de ne point recevoir comme ambassadeur à sa Cour sir Stratford Canning qui devait occuper ce poste aussitôt après son retour de Madrid. Le cabinet anglais ne cache pas son mécontentement de cette détermination. Je n’étais point appelé à donner mon opinion à cette occasion, mais j’ai pu cependant en profiter pour faire quelques observations qui j’ai lieu de croire ne seront pas perdues.

Le résultat obtenu par le ministère français, dans la séance du 5 à la chambre des Députés a fait généralement plaisir ici, et plusieurs des ministres m’ont chargé de vous l’exprimer.

L’excédent des revenus sur les dépenses de la Grande Bretagne pendant l’année 1832 s’est élevé à £ st. 467 391. Cette somme est applicable au rachat des fonds publics et des billets de l’Echiquier.

Les revenus de 1831 avaient présenté un déficit sur les dépenses de £ st. 700 000.

9 heures du soir.

J’avais espéré pouvoir vous transmettre aujourd’hui la réponse du roi de Hollande, mais jusqu’à présent rien ne m’est parvenu. La malle ordinaire partie le 7 de Rotterdam est arrivée il y a deux jours à Londres ; elle apportait seulement l’annonce que le conseil des ministres avait déjà tenu plusieurs séances pour discuter les propositions de la France et de l’Angleterre, et qu’on supposait que la réponse du Roi serait envoyée le lendemain. La nouvelle de la fermeture de l’Escaut que nous avons reçue hier n’offre pas un favorable présage des dispositions conciliantes du gouvernement néerlandais.

Lord Palmerston n’est pas à Londres depuis deux jours ; c’est ce qui m’a empêché de l’entretenir de l’objet de votre dépêche N° 5 que j’ai eu l’honneur de recevoir de matin.

Agréez, Monsieur le duc, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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