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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 12




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

DUC DE BROGLIE

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

6 DECEMBRE 1832







N° 37

Londres, le 6 décembre 1832

Monsieur le duc,

Ma première sortie a été pour voir lord Palmerston avec lequel je tenais à m’expliquer sur le projet mentionné dans votre dépêche N° 95. Il a reconnu comme moi que le plan de remettre Venloo directement au roi des Pays-Bas n’avait été traité entre nous que comme un simple sujet de conversation et que nous n’en avions parlé qu’en examinant les divers moyens qui se présentaient de finir une affaire qui nous préoccupe sans cesse. Du reste nous n’y attachons ni l’un ni l’autre aucune importance ; et nous partageons entièrement votre opinion à l’égard de ce projet, c’est qu’il sera aussi facile de faire remettre Venloo et ses dépendances par le roi de Prusse au roi des Pays-Bas que de les remettre directement à ce souverain. Je ne m’arrêterai donc pas davantage sur ce point, sur le quel cependant j’avais besoin de vous donner une explication précise et, j’espère, satisfaisante.

Je dois maintenant, Monsieur le duc, vous entretenir encore de cette question de Venloo et je commencerai par vous rappeler quelques-unes des circonstances qui s’y rattachent.

Lorsqu’il s’est agi de négocier avec la Prusse sur l’occupation des différents territoires qui doivent revenir au roi des Pays-Bas, il s’est d’abord présenté une difficulté sur les termes de la première proposition faite au cabinet de Berlin. M. Ancillon prétendit qu’on lui avait proposé de faire occuper Venloo par les Prussiens au moment où nous entrerions sur le territoire belge ; nous prétendîmes nous au contraire que cette occupation ne devait avoir lieu qu’au moment de notre entrée dans la citadelle d’Anvers. Pour mettre fin à cette question qui fournissait une complication imprévue, je vous proposai de ralentir la négociation afin d’arriver au terme de notre entrée en Belgique qui trancherait la difficulté. C’est dans cette vue que lord Palmerston et moi avons renvoyé la négociation à Berlin et j’eus soin en même temps de vous engager à transmettre des instructions à M. Bresson. Je n’ai pas cru qu’il m’appartint de lui en donner moi-même et la dépêche dont j’ai l’honneur de vous envoyer copie et qui est la seule que je lui ai écrite à ce sujet n’a pas pu être considérée par lui comme renfermant des instructions.

Les retards que la négligence des Belges, ou les effets inévitables de la mauvaise saison ont apportés à notre expédition nous ont fait sentir la nécessité de différer la conclusion de notre arrangement avec la Prusse, puisque la difficulté primitive se serait toujours représentée. C’est alors que j’ai exprimé l’opinion qu’il fallait encore en longueur la négociation, jusqu’à ce qu’on pût à peu près connaitre l’époque de notre entrée dans la citadelle d’Anvers.

Aujourd’hui ce terme me parait être arrivé et je crois que des retards plus prolongés auraient le grave inconvénient de nous mettre, la citadelle prise, à la merci des Belges pour la remise de Venloo et de ses dépendances.

Vous jugerez donc sans doute, Monsieur le duc, que la convention avec la Prusse doit être immédiatement conclue. Vous restez parfaitement libre de la traiter à Paris à Berlin ou à Londres. La pièce dont je joins une copie et qui est la réponse de M. de Bülow à la note que lord Palmerston et moi lui avons remise le 30 octobre contient à la vérité un refus sur la proposition que renfermait notre note, mais la dernière phrase offre cependant des ouvertures qu’il serait facile de saisir.

Quel que soit le lieu pour lequel vous vous déciderez, il sera essentiel d’y peser les considérations suivantes. Nous avons pensé avec lord Palmerston qu’on pourrait modifier les premières propositions faites au cabinet de Berlin, et mettre en avant quelques nouvelles conditions, au risque même de les voir repoussées. Et d’abord on devrait demander que la remise de Venloo et des territoires du Limbourg ne fut faite par la Prusse au roi des Pays-Bas que quand celui-ci aura restitué les forts de Lillo et de Liefkenshock près d’Anvers qui appartiennent à la Belgique ; que le roi Guillaume aura consenti à une amnistie générale conforme à l’article 21 du traité du 15 novembre ; qu’il se sera engagé en outre à ne point entraver la libre navigation de la Meuse, et à accorder l’ouverture des deux routes sur l’Allemagne mentionnées dans le traité.

Les deux dernières conditions ont l’avantage d’engager la Prusse dans des questions qui l’intéressent particulièrement ce qui pourrait peut-être lever ses scrupules ; si nous les obtenions elles feraient disparaître deux des difficultés importantes de la négociation définitive avec la Hollande.

La nouvelle rédaction que vous avez adressée à Berlin me parait excellente et nous en tirerons un grand parti lorsque la Conférence sera, comme je l’espère, appelée à se réunir de nouveau. Il vaut bien mieux que la Prusse s’engage à restituer Venloo aux Hollandais, lorsqu’elle y sera autorisée par les cinq Puissances. La première rédaction en imposant l’obligation à la Hollande d’accepter toutes les stipulations du traité du 15 novembre avant qu’on lui restituât les territoires qui lui appartiennent, offrait quelque chose de trop absolu.

Nous sommes convenus avec lord Palmerston de ne point répondre en ce moment à la note de M. de Bülow et de nous laisser toujours ainsi la possibilité de reprendre plus tard la proposition, si cela nous convenait.

Agréez, Monsieur le duc, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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