Optimisé pour
Espace de téléchargement










MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 12




RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS










LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

DUC DE BROGLIE

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

29 NOVEMBRE 1832







N° 33

Londres, le 29 novembre 1832

Monsieur le duc,

J’ai reçu ce matin la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’adresser sous le N° 100 le 26 de ce mois. Je vois avec peine, par les informations que vous voulez bien me donner, que de nouveaux retards ont été apportés dans les opérations du siège de la citadelle d’Anvers. L’anxiété s’accroit ici chaque jour et le cabinet anglais va même jusqu’à dire qu’il arrache à la prompte reddition de la citadelle d’Anvers un intérêt égal à celui que pouvait avoir le nouveau cabinet français à la conclusion de la convention du 22 octobre. Ce langage résume bien l’importance de la question pour ce gouvernement ; il n’est point exagéré et je partage la même opinion.

Je ne suis pas surpris des négligences dont vous avez à vous plaindre de la part des Belges ; on doit s’attendre à toutes sortes d’embarras venant d’eux, et je crois que les formes de ménagement que nous adoptons à leur égard ne conviennent pas à un gouvernement si nouveau et si présomptueux.

Les délais de l’expédition d’Anvers font plus que jamais sentir la nécessité de ne rien précipiter dans notre négociation avec le cabinet prussien ; le temps est un grand maître qui arrange bien des difficultés. Vous penserez sans doute qu’il faut se donner une grande latitude quand on est livré aux chances d’un siège et je vous engage à ne rien conclure à Berlin avant d’être sur la voie d’un résultat certain à Anvers. Vous remarquerez que si on s’était arrêté à la date du 5 décembre, fixé par vous en dernier lieu pour la remise de Venloo aux Prussiens, on se serait placé dans une situation embarrassante. Comme la négociation se suit par M. Bresson de concert avec lord Minto, il doit être facile de la ralentir, en exprimant à propos le besoin d’instructions communes des cabinets de Paris et de Londres.

Je viens de communiquer à lord Palmerston votre dépêche N° 101 relative aux frais de notre expédition en Belgique que vous croyez devoir réclamer du gouvernement belge. Je la lui ai lue toute entière ; lord Palmerston après l’avoir écouté avec beaucoup d’attention a répondu que cela ne changeait rien à son opinion, parce que tous les motifs qui avaient été donnés dans le conseil du Roi restaient dans leur entier. J’ai essayé en vain de donner de nouveaux développements aux arguments que me fournissait votre dépêche, et je dois vous avouer que je ne suis pas parvenu à modifier une opinion qui me parait irrévocablement arrêtée.

J’ai ensuite entretenu lord Palmerston de la mission qui aurait été confiée pour l’Angleterre à un agent de la Porte ottomane. Il m’a répondu qu’il avait été effectivement informé par une lettre de Constantinople du 26 octobre, de la résolution adoptée par le sultan d’envoyer en Angleterre Marney Pacha, capitaine de ses gardes ; que cette résolution n’avait pas eu l’assentiment du Divan, qu’avait du moins obtenu que Marney passerait par Paris, que du reste quoiqu’on sût bien que la mission de Marney se rapportait à la guerre, qui existait entre la Porte et le Pacha d’Egypte, on ne connaissait point exactement la nature des communications qu’il était chargé de faire au gouvernement anglais ; mais qu’on supposait seulement que l’intention de la Porte avait été de donner à cette mission assez d’éclat pour qu’elle inquiétât le Pacha d’Egypte qui ne manquerait pas d’en avoir connaissance.

Lord Palmerston m’a assuré en même temps que sir Stratford Canning n’avait jamais fait aucune insinuation qui pût être regardée comme une offre réelle de secours de la part de l’Angleterre ; et que vous aviez parfaitement jugé qu’il s’était borné à des paroles de bienveillance telles qu’il est d’usage d’en employer en pareille occasion.

M. Desages sera en état de vous fournir tous les renseignements désirables sur Marney Pacha qu’il doit avoir beaucoup connu à Constantinople où il a été employé dans plusieurs négociations. Marney Pacha parle bien français.

Agréez, Monsieur le duc, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

******************************************


MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 12










RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS





© EX-LIBRIS réalisé pour ma collection par Nicolas COZON - Gravure au Burin sur Cuivre
Tirage réalisé par les Ateliers CAPPELLE à Sannois - Val d'Oise -
Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




Optimisé pour
Espace de téléchargement