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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 12




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

DUC DE BROGLIE

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

19 NOVEMBRE 1832







N° 28

Londres, le 19 novembre 1832

Monsieur le duc,

J’ai eu l’honneur de recevoir votre dépêche N° 89, du 15 de ce mois. Lorsqu’elle a été écrite vous n’aviez pas encore connaissance de la résolution que nous avons du prendre de laisser aller sur un autre terrain la négociation relative à l’occupation par les Prussiens de Venloo, du Limbourg et du Luxembourg. M. de Bülow n’ayant pas transmis de réponse à la note que lord Palmerston et moi lui avons adressée le 31 octobre, nous avons du croire que l’intention de sa Cour était de ne rien finir à Londres. Au reste c’est aujourd’hui le 19 novembre et il est possible que le temps tout seul suffise pour terminer cette affaire.

J’ai entretenu, comme vous me l’avez ordonné, lord Palmerston des difficultés que le gouvernement du Roi a éprouvées à Bruxelles, lorsqu’on a du y discuter la convention relative à l’entrée de l’armée française en Belgique, au mode de paiement des frais de l’expédition ; je lui ai dit comment le ministre belge s’était prévalu de son opinion pour refuser d’acquitter ces frais. Lord Palmerston m’a donné à ce sujet une explication qui m’a paru simple ; elle vous sera communiqué par une lettre qu’il écrit aujourd’hui même à lord Granville, dans la bouche duquel elle prendra vis-à-vis de vous une nouvelle force. Il m’est resté de cette conversation, comme de toutes celles que j’ai avec lord Palmerston, que nous nous tromperions si nous lui supposions de montrer quelque dissentiment avec nous. L’explication que j’ai à vous donner sur l’affaire de l’arrestation de M. Pescatore en est une nouvelle preuve.

Je dois d’abord vous rappeler, Monsieur le duc, que l’arrestation dont il s’agit a été approuvée par la Conférence toute entière, à l’époque où elle a eu lieu, c’est-à-dire avant mon retour ici ; on la considéra comme une mesure de représailles qui pourrait hâter la délivrance de M. de Thorn. Plus tard on s’aperçut qu’elle avait envers la Diète germanique un caractère d’hostilité qui pourrait entraîner de fâcheuses conséquences. Lord Palmerston écrivit alors à sir Robert Adair pour qu’il eût à presser le gouvernement belge de rendre M. Pescatore à la liberté ; sir Robert Adair a eu à ce sujet avec le Roi une conversation dont il a rendu compte, et à la suite de laquelle le Roi a envoyé à Luxembourg un de ses aides de camp le colonel Price ; il était spécialement chargé de prendre sur les lieux toutes les informations qui pouvaient éclaircir la question, et de s’entendre ensuite avec le général Dumoulin, commandant de la forteresse, pour mettre fin à un état de choses dont on paraissait sentir tous les inconvénients à Bruxelles.

Voilà, Monsieur le duc, ce que j’ai appris de lord Palmerston, et j’avoue que je place plus de confiance dans ce récit que dans les déclarations du général Goblet. Vous avez pu, comme moi, remarquer plus d’une fois les mauvaises dispositions du cabinet de Bruxelles, qui, inspiré par d’anciens souvenirs, recherche toutes les occasions d‘amener un refroidissement entre les Cours de France et d’Angleterre. C’est du reste en ce moment le but de tous les ennemis des deux pays ; on me prête souvent un langage qui devrait déplaire à Londres ; et on emploie le même moyen pour faire agir lord Grey et lord Palmerston dans un sens opposé à l’alliance qui aujourd’hui nous unit si utilement avec l’Angleterre.

Je crois devoir vous signaler ces intrigues, Monsieur le duc, quoiqu’elles ne vous aient sans doute pas échappé ; mais on ne saurait trop se tenir en garde contre elles.

Agréez, Monsieur le duc, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
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