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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 12




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

DUC DE BROGLIE

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

30 OCTOBRE 1832







N° 16

Londres, le 30 octobre 1832

Monsieur le duc,

Je viens d’être prévenu par lord Palmerston que des ordres partaient ce soir même pour l’amiral Malcolm à Portsmouth, par lesquels il lui était enjoint d’expédier demain trois frégates anglaises qui iront croiser la première au Texel, la seconde à l’embouchure de l’Escaut, la troisième à l’embouchure de la Meuse. Ces frégates devront engager tous les bâtiments de commerce anglais qui pourraient se présenter pour entrer dans les ports hollandais à ne point s’y rendre. Elles ont ordre de ne pas commencer les hostilités et de ne gêner en aucune manière le commerce hollandais, mais de se défendre si elles étaient attaquées par des vaisseaux de guerre hollandais.

Lord Palmerston en me donnant cette information m’a demandé de faire une démarche semblable près de l’amiral français qui commande notre escadre à Spithead. Je n’ai pas balancé à adresser des instructions dans ce sens à M. Ducrest de Villeneuve, en lui annonçant que j’en rendais compte immédiatement au gouvernement du Roi.

Je l’ai invité en conséquence à expédier demain, de concert avec l’amiral Malcolm, trois frégates françaises qui seront chargés de la même mission et sur les mêmes points que les frégates anglaises et qui agiront envers les bâtiments de commerce français de la même manière que ces dernières envers les bâtiments de commerce anglais.

Je suppose, Monsieur le duc, que Sa Majesté approuvera le parti que j’ai pris, le temps ne me permettant pas d’attendre des ordres venus de Paris ; j’ai dû agir sous ma propre responsabilité. Lord Palmerston me dit aussi que les vaisseaux de ligne devraient se rendre immédiatement aux Dunes ; je suppose que M. le ministre de la Marine aura donné à l’amiral français des instructions qui devront le guider sur ce point. Si tel n’était pas le cas, il serait urgent de les expédier.

J’ai l’honneur de vous transmettre des copies des notes qui m’ont été adressées par les plénipotentiaires autrichien et prussien à Londres, en réponse à l’envoi de la convention faite en commun par lord Palmerston et moi. Vous remarquerez avec plaisir qu’elles sont rédigées dans un esprit de modération.

Il me parait par les lettres de Berlin, que j’ai été dans le cas de lire ici, que l’on n’y a pas suffisamment défini l’espèce de demande que le gouvernement français y a faite ; cela a donné lieu à des explications au moins inutiles ; ne croyez-vous pas qu’on aurait pu les éviter en restreignant la proposition aux termes suivants :

S. M. le Roi de Prusse consent-elle à faire occuper, par ses troupes, la place de Venloo, et les forts et lieux qui en dépendent. En recevant cette marque de confiance que la France et l’Angleterre désirent lui donner, voudra-t-elle s’engager à ne les restituer à S. M. le roi des Pays-Bas, qu’après que celui-ci aura rempli toutes les conditions du traité du 15 novembre 1831.

Il est inutile de parler des portions du Luxembourg et je ne m’explique pas comment on a pu arriver jusqu’à l’occupation de Liège.

La proposition faite par Lord Palmerston et moi à M. de Bülow, était rédigée comme je l’indique ci-dessus ; c’est celle qu’il me semble que vous feriez bien d’adresser à Berlin, sans exiger du cabinet prussien des démarches qui seraient trop hors de sa ligne de conduite habituelle. C’est par des égards et insensiblement que nous pourrons le décider. Les formes seront pour beaucoup dans cette négociation.

Agréez, Monsieur le duc, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
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