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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 12




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

11 JUIN 1832







N° 372

11 juin 1832

Monsieur le comte,

J’ai l’honneur de vous envoyer une copie de la réponse que la Conférence vient de faire à la dernière communication des plénipotentiaires du roi de Hollande. J’y joins le projet de traité qu’on lui propose de conclure avec les cinq Puissances, un autre projet de transaction avec la Belgique, une note adressée aux plénipotentiaires de cet état et quelques autres pièces qui forment des annonces au protocole N° 65.

Ces résolutions étaient définitivement arrêtées quand j’ai reçu la dépêche N° 22 que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 9 de ce mois et où vous témoignez le désir qu’éprouve le gouvernement du Roi de voir donner une prompte exécution au traité du 15 novembre, notamment en ce qui concerne l’évacuation de la citadelle d’Anvers.

J’apprécie, comme vous, Monsieur le comte, les motifs sur lesquels s’appuyant surtout en ce moment, les demandes que le gouvernement de S. M. voudrait présenter à ses alliés, mais je dirai, sans aucun détour, qu’il parait au gouvernement anglais, ainsi qu’à moi, tout à fait impossible de les faire admettre par les autres Puissances ; nous avons mis toute l’insistance nécessaire pour les faire prévaloir, mais nous nous sommes arrêtés vis-à-vis de l’impossibilité d’amener aujourd’hui les autres cabinets à ce que nous voulions. Nous aurions pu courir le risque de diviser la Conférence et à rompre l’union des cinq Puissances qu’il est si nécessaire de maintenir dans l’intérêt de la paix générale. C’est la conservation de cet accord, si riche en conséquences, qui est le but des efforts de lord Palmerston, et des miens ; et c’est dans cet esprit que nous avons concouru, lui et moi, aux dispositions qui viennent d’être arrêtées. Nous ne pouvions pas demander davantage à trois plénipotentiaires qui ont des instructions impératives et que l’idée de moyens coercitifs effraye à l’excès, je dirai même que nous les avons amenés à faire plus qu’ils ne le voulaient faire dans le commencement des discussions.

J’ai fait observer plus haut que le ministère anglais attache beaucoup de prix à rester d’accord avec les trois Puissances du Nord sue l’adoption des mesures à adopter vis-à-vis du Roi de Hollande, et j’ajouterai ici que c’est la durée de ce concert qui fera le plus d’impression sur l’esprit de ce souverain. Cela est indiqué dans toutes les dépêches que l’on reçoit de La Haye. Je crois devoir dire, en outre, que le gouvernement anglais tant qu’il apercevra dans cette affaire quelques moyens de conciliation les préférera toujours à des moyens de rigueur contre la Hollande, parce que, il est fort douteux que cette sévérité envers un ancien allié soit populaire en Angleterre. Dans tous les démêlés actuels nous en avons eu des preuves. On ne peut pas ici rendre longtemps populaire une guerre où beaucoup d’intérêts entre deux pays se trouvent engagés. Cependant le cabinet anglais, après avoir épuisé tous les moyens de douceur ne reculera pas devant la nécessité d’adopter des mesures de force concertées avec nous. Il y sera ainsi que nous [sommes] autorisés par l’engagement moral qu’ont contracté les plénipotentiaires des trois autres Puissances qui ont demandé instamment cette dernière épreuve et qui conviennent que ce doit être la dernière. Ces plénipotentiaires, eux-mêmes, ont fixé l’époque du 30 juin comme étant le plus long délai que les circonstances pussent permettre et ils ont chargé les ministres de leurs Cours à La Haye d’en faire la déclaration verbale au gouvernement hollandais. J’ai écrit dans ce sens au marquis de Dalmatie pour qu’il eut à s’entendre à cet égard avec le ministre d’Angleterre et pour qu’il tint le même langage que lui vis-à-vis du gouvernement hollandais.

Tout nous porte à suivre la marche de l’Angleterre dans cette circonstance car si nous agissions sans elle, notre puissance d’opinion en serait affaiblie en Europe. C’est donc une nécessité qui m’a déterminé dans cette dernière circonstance à chercher tous les moyens d’ajustements qui pouvaient convenir aux cinq Puissances plutôt que d’insister aujourd’hui sur la stricte et littérale exécution du traité du 15 novembre. Rien d’ailleurs ne périclite à cet égard et cette marche m’a paru indiquée parce que vous avez bien voulu me mander dans votre dépêche du 5 de ce mois N° 21 de l’entrevue de Compiègne et de l’assentiment donné par le Roi Léopold ; cela m’a inspiré plus de confiance.

Le Roi ayant bien voulu m’accorder un congé pendant la saison des eaux, je profiterai de cette autorisation ; cependant je resterai à Londres tant que je jugerai que ma présence peut contribuer au succès des vues que S. M. a bien voulu m’indiquer dans sa dernière lettre qu’Elle m’a fait l’honneur de m’écrire et qui sont le sujet de vos dernières instructions.

Agréez, Monsieur le comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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