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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 12




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

2 JUIN 1832







N° 366

Londres, le 2 juin 1832

Monsieur le comte,

J’ai l’honneur de vous envoyer une copie de la note par laquelle les plénipotentiaires hollandais ont répondu à la communication de la Conférence en date du 7 mai.

Cette note n’était pas de nature à satisfaire la Conférence puisqu’au lieu de montrer quelque désir d’arriver à un arrangement elle remet en question des points principaux qui ne sont plus susceptibles de discussions.

La Conférence, d’ailleurs n’a pas su se méprendre sur cette note et elle y a retrouvé ce caractère d’obstination qui fait que l’on renouvelle ces moyens déjà usés et que l’on représente des demandes qui ont été déjà jugées inadmissibles. En effet la note du 29 mai n’est que la copie de celle que le roi de Hollande fit remettre au comte Orloff pendant son séjour à La Haye et qui lui parut si peu en rapport avec la situation de l’affaire et les intentions de la Cour de Russie qu’elle le détermina à donner sa déclaration du 22 mars et a quitter immédiatement la Hollande.

Le cabinet de La Haye représentait dans une série de demandes sur le mérite desquelles il ne pouvait conserver aucun doute car la plupart avaient été repoussées par la Puissance qui se montrait la plus favorablement disposée pour lui, et les ratifications de la Cour de Russies échangées à Londres, annonçaient clairement qu’elle persistait dans cette opinion.

La réponse de la Conférence, que je joins ici, a du principalement faire ressortir cette circonstance. Elle vous démontrera d’une manière frappante que le roi de Hollande refuse de faire des pas véritables vers une conciliation et qu’il se sert de tous les moyens, même des plus faciles à dévoiler, pour essayer de faire croire qu’il continue à négocier. Je suis porté à penser que la publication de ce protocole, rapprochée de la déclaration du comte Orloff, jettera sur la conduite du roi de Hollande une lumière qui, dans l’intérieur de ses états, pourra faire apprécier sa politique plus exactement qu’elle ne l’a peut-être été jusqu’à présent. Ce résultat qu’on peut raisonnablement se permettre est sérieux et le paragraphe qui termine le protocole (signé par les Russes comme par les autres plénipotentiaires) par lequel la Conférence dit qu’il lui reste à s’occuper des résolutions que la gravité des circonstance réclame de sa part, est fait pour donner à réfléchir au cabinet de La Haye.

Vous recevrez par lord Granville qui part mardi 5, une communication relative aux forces que l’Angleterre envoie dans le Tage et à la mission qu’elle confie à lord William Russell. Je crois que le gouvernement anglai aimera que vous lui répondiez que vous avez pris des mesures analogues pour que l’Espagne ne s’écarte pas de la neutralité qu’elle a promise de garder et pour que les Français répandu en Portugal, soient suffisamment protégés.

On a reçu ici des nouvelles de l’île Saint Michel en date du 16 mai : des tempêtes violentes avaient empêché la réunion des transports mais on espérait qu’elles cesseraient bientôt et que l’expédition pourrait mettre à la voile du 24 à la fin de mai.

Le rapport sur le Bill de réforme a été fait dans la séance d’hier soir : toutes les clauses ont été successivement adoptées sans division. La troisième lecture du Bill aura lieu lundi et tout porte à croire qu’aucun obstacle n’arrêtera l’adoption définitive d’une loi qui formera pour l’Angleterre une ère nouvelle.

Plusieurs ministres accrédités à Londres m’ont paru assez vivement occupés des affaires de Suisse. Ils pensent qu’il serait utile qu’elles fussent terminées avant le mois de juillet, époque où la Diète doit se réunir. J’ai cru remarquer que leurs gouvernements ne seraient point trop éloignés de faire une démarche commune avec nous dans le but de faire connaître la pensée des cinq grandes Puissances de manière à arrêter toutes les effervescences qui sont prêtes à éclater. Les actes du Congrès de Vienne paraissent vous autoriser à faire cette démarche. Il me semble que c’est de Paris qu’elle doit recevoir la direction principale.

Le dernier gouvernement a bien des reproches à se faire relativement à la politique qu’il a suivie avec les cantons suisses.

Le prince Adalbert de Prusse, comme je vous l’ai dit, n’a aucune espèce de mission en Angleterre.

Agréez, Monsieur le comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
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