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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 12




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2è LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

25 MAI 1832







N° 362

25 mai 1832

Monsieur le comte,

J’ai reçu par M. Forth de Brun la dépêche la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 22 de ce mois N° 15.

La déclaration du ministre des Affaires étrangères de Belgique que vous avez vu dans les journaux a été remise en effet à lord Palmerston par M. van de Weyer peu d’heures avant son départ pour Bruxelles ; mais aucun de nous n’en a eu connaissance alors et la raison en est simple. Les difficultés ministérielles absorbaient dans ces instants l’attention générale et pour le moment ne laissaient pas de places à d’autres intérêts. On était encore sous cette vive impression quand nous nous sommes réunis le 20 de ce mois. Cette pièce nous a été alors communiquée, mais on n’a pas délibéré sur son contenu parce que l’on a pensé qu’il fallait attendre d’une part que le ministère anglais fût parfaitement libre de s’occuper des affaires extérieures et d’un autre côté que le gouvernement hollandais eût répondu aux dernières communications qui lui avaient été faites, ce qui ne pouvait être long. Je ne vous ai pas, au surplus, envoyé ce document, parce que je ne l’avais pas et qu’aucun de nous ne l’avait, et qu’ensuite nous devions tous être bien sûrs qu’il vous serait connu par la Belgique où M. van de Weyer avait intérêt à le communiquer.

Dans la conférence du 20, il avait été convenu entre lord Palmerston et moi que nous écririons à Bruxelles pour calmer les esprits et pour empêcher que, sous aucun prétexte, les Belges ne fissent, les premiers, quelque acte d’agression. Les lettres ont été écrites ainsi que j’ai eu l’honneur de vous le mander hier.

Le gouvernement anglais avait dans le Tage trois ou quatre bâtiments de guerre ; il vient d’augmenter ces forces de deux vaisseaux et d’une frégate ce qui portera l’armement à 6 ou 7 bâtiments ; ils sont destinés à protéger les anglais qui se trouvent au Portugal et aussi à maintenir l’Espagne dans la neutralité qu’elle a promis d’observer. Les vaisseaux et cette frégate ont du mettre à la voile de Portsmouth il y a deux jours à moins que les vents n’aient été contraires. Vous aurez vu dans les journaux que l’on suppose que, de votre côté, vous pourriez aussi envoyer quelques vaisseaux dans le Tage. Ces démonstrations de forces paraissaient, sans les servir directement, être utiles aux projets de don Pedro.

La majorité pour le ministère, dans la séance d’hier, s’est encore augmentée de 99 voix ; elle a été de 61 sur 107 votants. Ce soir on discutera du cens électoral de 10 livres sterling qui est une question importante. Lord Wharncliffe a annoncé qu’il proposerait un amendement, ce qui donnera sûrement quelque étendue à la discussion.

Les réponses du cabinet de La Haye ne sont pas encore arrivées. Il est bien peu probable, malgré le renversement des espérances qui se liaient à un changement de ministère en Angleterre, que la réponse principale, celle qui se rapporte aux dispositions du traité du 15 novembre, puisse être satisfaisante. Il me semble que, si on était obligé de recourir aux moyens de force, il y aurait de l’avantage pour la paix et pour l’opinion à ce qu’il se formât une armée navale française et anglaise prenant le nom d’armée combinée. Je suis porté à croire que l’on pourrait amener le cabinet anglais à adopter cette mesure à laquelle il ne se déterminera qu’après s’être bien convaincu qu’il a épuisé toutes les voies possibles de conciliation.

Agréez, Monsieur le comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

P. S. L’escadre pour le Tage n’a pas encore été mise à la voile. Elle est commandée par lord Amelius Beauclerk qui a avec lui lord W. Russel. Outre les équipages au complet il y a 500 hommes de troupes marins à bord.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
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