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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 12




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

20 AVRIL 1832







N° 341

Londres, le 20 avril 1832

Monsieur le comte,

J’ai reçu la dépêche N° 2 que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 17 de ce mois.

Vous avez vu, par mes dernières lettres, que M. de Bulow n’avait pas, comme vous étiez autorisé à le croire, reçu l’autorisation formelle d’échanger les ratifications de son gouvernement et qu’on laissait au contraire peser sur lui une très grande responsabilité puisqu’on le chargeait de décider s’il ne serait pas à propos d’attendre encore le concours de la Russie, ou son consentement à ce que la ratification de la Prusse et de l’Autriche fût donnée sans elle. Les ministres de ces deux Puissances n’ont pas eu ce consentement.

UN article qui a paru dans le Moniteur ne se trouvant pas d’accord avec les dépêches de M. de Bulow l’a mis dans le cas de nous faire connaître les ordres qu’il avait reçus.

Nous avons par conséquent du employer tous nos efforts lord Palmerston et moi pour vaincre les scrupules de M. de Bulow et après une Conférence qui a duré neuf heures nous sommes enfin parvenus au résultat que j’ai eu l’honneur de vous faire connaître avant-hier soir.

M. de Bulow, dans cette circonstance tout à fait grave et délicate pour lui, s’est acquis de nouveaux titres à la bienveillance du gouvernement du Roi et à l’estime de ses collègues car, mettant de côté toute considération personnelle, il a puisé sa résolution dans la conviction intime qu’il faisait une chose utile à son pays, désirable pour le succès de l’affaire à laquelle il a pris tant de part et avantageuse pour le maintien de la paix générale.

Lord Palmerston, dans cette longue conférence, nous a été fort utile pour détruire les difficultés apparentes ou voilées qui renaissaient à chaque instant.

On nous promet que les ratifications de la Russie seront ici de lundi à mercredi prochain, c’est-à-dire du 23 au 25, mais des assertions de cette nature ne s’étant pas toujours vérifiées, il est permis de conserver encore quelque doute à cet égard.

Je pense comme vous, M. le comte, que les résolutions que viennent de prendre les plénipotentiaires des Cours de Vienne et de Berlin auront de l’influence sur celle de Petersbourg, cependant il a été démontré bien des fois dans cette négociation que depuis que M. Ancillon est à la tête des affaires, l’action politique s’exerce bien plutôt du cabinet russe sur le cabinet prussien que dans le sens inverse, j’espère d’ailleurs que nous n’aurons pas à attendre cette influence prussienne car cela remettrait à un mois l’échange de la ratification russe.

Le comte Orloff est aux courses de New Market d’où il ne reviendra qu’à l’arrivée du courrier qu’on attend de lundi à mercredi.

Vous paraissez désirer, M. le comte, que je vous indique les dispositions sur lesquelles il pourra y avoir lieu de ménager quelque arrangement entre la Hollande et la Belgique. Ces dispositions sont déjà indiquées dans les mémoires que les plénipotentiaires hollandais ont adressés à la Conférence ; vous les retrouverez là avec leurs développements. L’intérêt que la Russie, et un grand parti en Angleterre, l’Autriche et la Prusse prennent à la Hollande, reparaîtra nécessairement à l’époque où ces questions seront examinées, mais l’expression de gré à gré employée par les cabinets de Vienne et de Berlin maintiendra les choses dans un ordre équitable.

Les opinions que M. Fergusson, et d’autres membres de la chambre des Communes ont émises dans la séance du 18 sur la situation de la Pologne, auront sans doute fixé votre attention. Tout porte à croire que ce sujet sera repris à la rentrée du Parlement. Les expressions animées que vous aurez remarquées pourront peut-être porter quelque adoucissement sur la destinée de ce malheureux pays.

Nous avons eu plusieurs conférences sur les affaires de la Grèce. Hier encore, malgré les fatigues de la veille, nous nous sommes réunis pour cet objet. J’aurai l’honneur de vous faire connaître incessamment les résultats de notre travail dont le ministre de Bavière, qui était présent a demandé la communication pour vingt-quatre heures.

Vous voulez bien m’écrire, M. le comte, que vos dernières informations montrent que le choix du prince Othon avait produit un bon effet en Grèce et avait calmé les irritations des partis que les précédentes décisions de la Conférence n’avaient pas à beaucoup près, réconciliés.

La Conférence n’a fait que ce qu’elle pouvait faire car étant au moment de désigner un nouveau souverain, elle ne pouvait que conserver le gouvernement qui existait. Une nouvelle administration n’aurait pas eu le temps de s’établir et n’aurait pu faire aucun bien. La correspondance de M. Strafford Canning, qui parait avancer dans sa négociation, montre que la Conférence a adopté la marche que la prudence indiquait.

Agréez, Monsieur le comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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