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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 12




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

10 AVRIL 1832







N° 334

10 avril 1832

Monsieur le comte,

Avant que la chambre des Pairs passât hier soir à la seconde lecture du Bill de réforme, il a été présenté plusieurs pétitions pour ou contre cette mesure. Le duc de Buckingham en apportant une pétition tendant à ce que le Bill ne soit pas adopté en a pris occasion pour annoncer que si la seconde lecture n’était pas ordonnée par la chambre, il proposerait immédiatement après les vacances de Pâques un autre Bill par lequel il serait accordé des représentants aux villes qui ont le droit d’en avoir, d’après leur population et leur richesse ; et il serait fait un règlement pour les bourgs qui envoient maintenant des membres au Parlement, de manière à faire place aux nouveaux représentants, sans augmenter le nombre de députés à la chambre des Communes, et à étendre la franchise autant qu’elle doit l’être, sans priver personne de ses droits actuels, mais en empêchant l’exercice de toute influence illégale dans aucun bourg.

Le duc de Buckingham a eu évidemment pour but de faire voter contre la seconde lecture ceux des membres de la chambre qui ne sont pas favorables au Bill actuel mais qui pensent, cependant, qu’il y aurait de grands inconvénients à ne pas s’occuper d’une réforme parlementaire.

Lord Grey a parlé longtemps, et avec succès. Il s’est attaché à démontrer que le Bill de réforme suivant la marche prescrite pour l’adoption des lois était injustement appelée par ses adversaires une œuvre révolutionnaire et il a fortement appuyé sur ce que la masse du pays s’était hautement prononcée sur la nécessité d’une réforme.

L’opinion aujourd’hui est que le ministère a dans la chambre 182 membres qui voteront avec lui et 174 qui seront opposés mais cette petite majorité là pourrait encore s’affaiblir.

La journée sera peut-être décisive car il est possible que le Bill passe ou soit rejeté ce soir.

Voici alors deux questions qui se présentent.

Si le Bill est rejeté, que fera-t-on ? Mon opinion est que le lendemain le Roi prorogera le Parlement. Dans l’intervalle de cette prorogation, il fera une création de Pairs qui ne pourra pas être moindre de 50 à 60. Alors le Bill pourra être porté à la nouvelle chambre des Pairs, et même il pourrait l’être avant d’être présenté à la chambre des Communes. Cette marche présenterait l’avantage de tranquilliser immédiatement le pays, parce que l’on sait bien qu’une fois le Bill adopté par la chambre des Pairs, passerait à la chambre des Communes. Ce système est fondé sur ce que la prorogation autorise le gouvernement à présenter le Bill de nouveau.

Si le Bill passe, voici, dans cette hypothèse ce qui peut arriver : on le portera au comité ; le comité peut y introduire des amendements qui détruiraient le fond de la loi et la très petite majorité, avec laquelle le Bill aurait passé, peut le faire supposer. Si les choses arrivaient ainsi, il n’y aurait qu’un parti à prendre et je vais l’indiquer.

Vous savez que le décision du comité doit être communiquée à la chambre par ce qu’on appelle un rapport, et vous savez aussi qu’on est le maître de déterminer le jour de ce rapport. Entre la décision du comité qui sera connue et le rapport qu’en serait la suite, le Roi ferait une création de Pairs qui serait ainsi que je l’ai déjà dit de 50 à 60. Comme le rapport serait mis aux voix devant une chambre dont la majorité serait changée, il n’est pas douteux que les amendements du comité ne fussent rejetés.

Il me semble que ce que je viens d’avoir l’honneur de vous dire, Monsieur le comte, renferme toutes les conjectures qui peuvent se présenter dans les deux cas.

J’aurai l’honneur de vous écrire demain. Ce sera par le télégraphe, si la question est terminée ce soir.

Agréez, Monsieur le comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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