Optimisé pour
Espace de téléchargement










MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 12




RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS










LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

9 AVRIL 1832







N° 333

9 avril 1832

Monsieur le comte,

J’ai reçu la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 6 de ce mois, N° 28.

C’est aujourd’hui que commence à la chambre des Pairs la discussion sur la seconde lecture du Bill de réforme. Elle durera probablement trois à quatre jours. Je vous en ferai connaître immédiatement le résultat par le télégraphe de Calais. On est fondé à croire que le ministère obtiendra la majorité pour la seconde lecture et que par conséquent le Bill sera portée dans les comités ; là commencera la discussion approfondie de chacune des dispositions de ce Bill et se montrera l’esprit dans lequel la chambre haute se propose de consentir à son adoption définitive.

Quelle que soit la majorité obtenue par le ministère, lors même qu’elle serait extrêmement faible, il la considérerait comme un très grand succès, parce qu’il l’aura acquise sans faire de création de Pairs, mesure à laquelle il était vivement poussé par des hommes ardents du parti Whig, auxquels il lui a fallu beaucoup de force pour résister.

Le courrier de Berlin n’a rien apporté hier à M. de Bulow qui puisse changer l’état où se trouvait l’affaire des ratifications au moment où nous avons signé le protocole N° 56. Il n’est plus douteux que le gouvernement prussien subordonnera sa résolution à celle qui sera prise à Petersbourg. Les Russes se regardent comme sûrs que la ratification arrivera. Le comte Orloff ne cesse pas de s’expliquer à cet égard de la manière la plus positive. Son courrier ne peut pas arriver ici plus tard que du 12 au 15.

On ne peut voir sans surprise, et sans beaucoup de regret, que la marche des événements ait amené la Puissance qui a le moins d’intérêts directs dans la plupart des questions européennes à exercer tant d’influence sur leurs solutions. C’est une faute de l’ancien régime dont nous ne pouvons affranchir l’Europe que par notre union stable avec l’Angleterre.

Le ministère sera questionné dans le cours de la semaine sur les affaires de Pologne par le colonel Evans, membre de la chambre des Communes, qui a déjà parlé à différentes époques de ce sujet ; lord Palmerston, en lui répondant, exprimera probablement une opinion qui fera connaitre avec exactitude au gouvernement du Roi la manière dont le cabinet anglais envisage pour le moment cette question.

La maladie et l’heureux rétablissement de M. le Président du Conseil ont excité ici le plus vif intérêt ; il m’a été exprimé par les membres du cabinet, par le corps diplomatique, par les hommes de toutes les classes et de tous les partis ; je me suis empressé ce matin de communiquer les informations rassurantes que j’ai reçues par le télégraphe, et pour lesquelles j’adresse mes sincères remerciements au conseil du Roi.

La situation malheureuse de Paris depuis l’invasion si vive du choléra est un grand sujet de préoccupation pour l’ambassade du Roi, comme pour tous les Français qui se trouvent en Angleterre. Tout le monde admire la générosité inépuisable de la famille royale, les soins charitables des différentes classes de citoyens, et l’activité infatigable des membres du gouvernement. Ce sont des traits de caractère national qui n’échappent pas non plus à l’attention des Anglais, et qui jettent un voile sur les désordres momentanés qui ont eu lieu dans la capitale.

Agréez, Monsieur le comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

******************************************


MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 12










RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS





© EX-LIBRIS réalisé pour ma collection par Nicolas COZON - Gravure au Burin sur Cuivre
Tirage réalisé par les Ateliers CAPPELLE à Sannois - Val d'Oise -
Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




Optimisé pour
Espace de téléchargement