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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 12




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

1ER AVRIL 1832







N° 330

1er avril 1832,

Monsieur le comte,

Le courrier autrichien porteur des ratifications est arrivé hier matin, mais elles ne pourront être échangées qu’en même temps que celles de la Prusse. La Cour de Vienne en fait une condition expresse, et l’autorisation du cabinet de Berlin n’est pas encore arrivée.

Le Roi a invité le comte Orloff à passer deux jours à Windsor. Les ministres y sont depuis hier et ne reviendront que demain pour le Parlement, ce qui fait que je ne les verrai qu’après demain.

Le gouvernement anglais envoie à Madère deux frégates et un amiral pour y veiller à la sécurité de ses nationaux.

J’ai l’honneur de vous transmettre une copie de la déclaration que le comte Orloff a remise au roi de Hollande avant de quitter La Haye, il serait possible que vous ne l’ayez pas reçue directement.

Le bruit se répand ici que le choléra s’est manifesté dans plusieurs quartiers de Paris. La conséquence que l’on en tire, c’est que la quarantaine établie sur les côtes de France devient inutile ; c’est l’opinion de plusieurs médecins anglais.

Agréez, Monsieur le comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.


Déclaration


Durant tout le cours des négociations qui ont eu l’affaire de Belgique pour objet, l’Empereur n’a cessé de donner à S. M. le roi des Pays-Bas des preuves non équivoques de déférence et d’amitié.

Du moment où la séparation des deux grandes divisions du royaume eut été réclamé par le roi lui-même, et qu’il s’agissait de fixer les conditions auxquelles le nouvel état belge jouirait d’une existence indépendante, tous les soins, tous les efforts des plénipotentiaires russes à Londres ont eu pour but de ménager les intérêts de la Hollande et de faire respecter les droits de son souverain.

Au milieu des armements, Sa Majesté néerlandaise semblait appeler de tous ses vœux l’arrangement à l’amiable, et une conclusion pacifique des différends entre la Hollande et la Belgique. Il devait lui importer d’ailleurs de faire cesser au plutôt les charges que l’état de guerre impose à ses peuples. Ne voulant à cet égard, que ce que voulait son auguste ami et allié, l’Empereur avait prescrit à ses plénipotentiaires de seconder les vœux du roi et le cabinet de La Haye ne leur refusera pas sans doute la justice de dire qu’ils se sont acquittés de cette tâche avec zèle et persévérance, toutes les fois qu’ils ont été à même de connaître ses vues et ses intentions.

Les difficultés qui se sont opposées à leurs efforts ont souvent été insurmontables ; l’Empereur a dû les regretter d’autant plus, que ce sont ces mêmes difficultés qui ont suggéré l’idée du traité signé le 15 novembre. Cependant, quelques graves que fussent les considérations qui ont engagé ses plénipotentiaires à prendre part à cette transaction, il a suffi à S. M. I. de savoir que le roi des Pays-Bas n’y avait point concouru pour en suspendre elle-même la ratification. En prenant cette détermination, elle a voulu, d’un côté, offrir à S. M. néerlandaise une nouvelle preuve du respect qu’elle porte invariablement aux droits de sa couronne, lui ménager les moyens de sortir avec honneur et dignité des dangereuses complications qui l’entouraient.

Une adhésion volontaire aux arrangements que sanctionne le traité du 15 novembre sauf les amendements admissible dans une transaction finale entre les deux pays pouvait seule terminer d’une manière satisfaisante cette longue et pénible négociation.

Le cabinet de S. M. le roi des Pays-Bas en a jugé autrement. L’Empereur ne se prononcera point sur les motifs qui ont guidé S. M. dans cette circonstance décisive. Ainsi qu’il l’a déclaré antérieurement, il reconnait son auguste ami pour seul juge de ces déterminations dans une cause qui touche de si près les droits de sa couronne ; mais S. M. I. ne saurait se dissimuler, et nous le disons avec un profond sentiment de peine, que le cabinet néerlandais a perdu sans retour une dernière occasion de terminer l’affaire belge d’une manière conforme à ses vrais intérêts, et que ses alliés, la Russie surtout, chercheraient vainement encore les moyens de lui être utiles.

L’Empereur a loyalement rempli envers S. M. le roi des Pays-Bas les devoirs d’une amitié franche et sincère ; mais il ne saurait oublier ceux que lui impose l’alliance européenne, moins encore ceux qu’il est appelé à remplir envers les peuples que la providence lui a confiés. Ce sont ces obligations seules que l’Empereur doit consulter désormais dans les déterminations qui lui restent à prendre relativement à l’affaire de Belgique. En conséquence S. M. I. a chargé le soussigné de faire la déclaration qui suit :

Après avoir épuisé tous les moyens de persuasion, et toutes les voies de conciliation pour aider S. M. le Roi Guillaume à établir par un arrangement à l’amiable et conforme tout à la fois à la dignité de sa couronne et aux intérêts des sujets qui lui sont restés fidèles, la séparation des deux grandes divisions du royaume, l’Empereur ne se reconnait plus la possibilité de lui prêter dorénavant aucun appui ni secours.

Quelque périlleuse que soit la situation où le roi vient de se placer, et quelques puissent être les conséquences de son isolement S. M. I. faisant taire, quoiqu’avec un regret inexprimable, les affections de son cœur, croira devoir laisser la Hollande supporter seule la responsabilité des événements qui peuvent résulter de cet état de choses.

Fidèle à ses principes, elle ne s’associera point à l’emploi de moyens coercitifs qui auraient pour but de contraindre le roi des Pays-Bas, par la force des armes, à souscrire aux 24 articles.

Mais considérant qu’ils renferment les seules bases sur lesquelles puisse s’effectuer la séparation de la Belgique d’avec la Hollande (sauf les amendements admissibles dans un traité final entre les deux pays) S. M. I. reconnait comme juste et nécessaire que la Belgique reste dans la jouissance actuelle des avantages qui résultent pour elle des dits articles et nommément de celui qui stipule sa neutralité déjà reconnue en principe par le roi des Pays-Bas lui-même.

Par une conséquence nécessaire de ce principe, S. M. I. ne saurait s’opposer aux mesures répressives que prendrait la Conférence pour garantir et défendre cette neutralité, si elle était violée par une reprise des hostilités de la part de la Hollande.

Dans ce cas, si malheureusement il venait à se réaliser, S. M. I. se réserverait de se concerter avec ses alliés sur le mode le plus propre à rétablir promptement cette neutralité, afin de préserver la paix générale de toute atteinte.

Telles sont les déterminations auxquelles l’Empereur a cru devoir s’arrêter. Ne se trouvant plus à même, dans la conjoncture actuelle d’offrir à S. M. le roi des Pays-Bas des preuves d’amitié et d’intérêt plus directement utiles, il abandonne à la sagesse du cabinet de La Haye de considérer les conséquences d’un état de choses qu’une amitié sincère et désintéressée aurait voulu lui éviter.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
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