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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 12




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

27 MARS 1832







N° 327

27 mars 1832

Monsieur le comte,

Le Bill de la réforme parlementaire a été porté, hier soir, à la chambre des Pairs, et lu pour la première fois. Contre l’usage cette première lecture a été suivie de plusieurs discours.

Lord Harrowby et lord Wharncliffe, qui dans cette affaire représentent une tierce opinion, et qui disposent d’un certain nombre de voix, ont déclaré qu’ils voteraient pour la seconde lecture.

L’évêque de Londres a été plus loin et a dit que non seulement il demanderait la seconde lecture, mais qu’il s’abstiendrait de proposer aucun changement qui serait de nature à être rejeté par l’autre chambre ; son opinion a fait d’autant plus d’impression que l’évêque de Londres est considéré comme un des prélats les plus éclairés de l’Angleterre, que, jusqu’à présent, il n’avait jamais paru favorable à l’administration actuelle, et que l’on croit qu’il déterminera plusieurs évêques à voter comme lui.

Lord Carnavon et le duc de Wellington ont montré la même opposition que l’année dernière, en ajoutant que si le Bill passait à la seconde lecture, ils essaieraient, du moins, de le modifier pour le rendre plus utile.

Lord Grey a parlé avec beaucoup de modération, et a assuré l’opposition qu’il accueillerait toutes les idées et prendrait en considération toutes les propositions qui ne le mettraient pas dans la nécessité d’altérer les grandes bases du Bill, qui sont maintenant demandées par l’opinion générale de l’Angleterre. Il a proposé que la seconde lecture eût lieu de jeudi en huit, c’est-à-dire le 5 avril.

Je vous donnerai, Monsieur le comte, les informations les plus promptes, et les plus exactes, sur tout ce qui se passera à la chambre des Pairs. Car l’affaire de la réforme est devenue d’une haute importance pour l’Angleterre et pour la France.

Dans la chambre des Communes lord Palmerston a été assailli de questions sur les affaires de la politique extérieure, et il y a toujours répondu avec avantage. Je vous invite, Monsieur le comte, à vous faire donner un extrait du Times qui rend un compte exact de cette discussion. Vous verrez que la France y joue le beau rôle, car ceux qui l’attaquent exaltent son habileté et ceux qui la défendent n’expriment aucun doute sur sa bonne foi et sa modération. Tous s’accordent à voir dans son union avec l’Angleterre la plus forte garantie de la paix de l’Europe. L’histoire montre que c’est la première fois qu’il y a, à cet égard, un assentiment général.

J’ai vu ce matin lord Palmerston. D’après vos ordres je lui ai demandé si le cabinet anglais trouverait convenable que pour assurer la tranquillité des états du pape, au moment de la retraite des troupes françaises et autrichiennes, quelques corps de troupes napolitaines fussent mis à la disposition du gouvernement romain. Lord Palmerston a accueilli cette idée, et il m’a dit que son cabinet verrait, avec plaisir, qu’elle fût adoptée.

La Cour de Vienne désire que l’Angleterre soit un intermédiaire officieux pour les arrangements à conclure relativement à l’évacuation des troupes françaises et autrichiennes. Le motif de leur séjour n’étant pas le même, l’Autriche désirerait qu’on ne mît pas pour condition à cette mesure qu’elle s’exécuterait d’une manière simultanée. Cependant elle consentirait que cette simultanéité par une forme qui vous conviendrait.

Le cabinet anglais croit que les principes du droit public, qui autorisent un gouvernement à prendre des précautions contre une insurrection qui éclate dans son voisinage, donnent à la demande de l’Autriche un motif que vous êtes dans le cas d’apprécier.

Les nouvelles que nous recevons aujourd’hui de La Haye, nous apprennent que le roi de Hollande a fait connaître au comte Orloff, qu’il ne pouvait, en ce moment, prendre aucune espèce de détermination, puisque, dans l’état actuel des choses, les cinq Puissances n’étaient plus placées sur la même ligne, et que la Conférence de Londres était rompue de fait. Il a ajouté, cependant, que si les trois Puissances en retard ratifiaient le traité du 15 novembre, il verrait le parti qu’il aurait alors à adopter.

Le comte Orloff s’est déterminé à quitter La Haye et il sera probablement demain mercredi ici. Avant de partir il a remis au ministre des affaires étrangères une déclaration dont je n’ai pas copie, parce qu’elle n’a été communiquée qu’aux ministres d’Autriche et de Prusse à La Haye. Il parait qu’il résulte de cette pièce que l’Empereur reconnait l’indépendance et la neutralité de la Belgique ; qu’il ne prendra aucune part aux mesures coercitives que d’autres puissances pourraient adopter contre la Hollande, mais que, d’un autre côté, il voulait que la neutralité de la Belgique soit respectée.

Agréez, Monsieur le comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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