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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 12




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

23 MARS 1832







N° 325

23 mars 1832

Monsieur le comte,

J’ai reçu les dépêches que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire, le 17 et le 20 de ce mois, N° 21 et 22.

Je ferai usage des éclaircissements qu’elles contiennent sur les événements de Grenoble, et sur l’état sanitaire d’un des bâtiments français qui sont entrés à Ancône.

Cependant, Monsieur le comte, je dois vous dire que l’on attache ici peu d’importance à ces deux circonstances, et que l’on regarde les troubles momentanés qui se manifestent sur quelques points de la France, comme la suite inévitable d’une grande commotion politique. On ne doute pas qu’ils cessent graduellement et que le gouvernement du Roi ne parvienne, d’ailleurs, à les réprimer. Ce qui occupe les esprits, M. le comte, ce qui fait une impression profonde, c’est l’expédition d’Ancône en elle-même ; c’est le territoire d’un souverain indépendant violé en pleine paix, c’est le drapeau français arboré sur une forteresse qui ne nous appartient pas ; ce sont enfin les différentes circonstances qui dès le principe ont imprimé à cette entreprise un caractère de rudesse ; que des mesures mieux combinées feront difficilement oublier.

Telles sont, M. le comte, les réflexions que font ici les partisans les plus déclarés de la France. Je vous laisse à juger si leurs adversaires qui sont aussi les nôtres, par instinct comme par principe, ont laissé échapper cette occasion pour nous accuser de projets ambitieux et subversifs.

Je dois au gouvernement de lui faire connaître, sans le moindre déguisement, l’état de l’opinion publique, surtout en ce qui concerne la marche de sa politique extérieure, il me semble, qu’aujourd’hui, il ne saurait donner trop d’attention à l’opinion qui s’est formée ici sur l’affaire d’Ancône. Le vœu de tous nos amis est qu’elle soit terminée le plus promptement possible. Dès que cet embarras aura cessé nous serons à l’abri des plaintes du dehors ; je dois, dans cette occasion, chercher à donner une idée exacte de notre position avec l’Angleterre.

L’Angleterre soutiendra la France, sans jamais s’immiscer dans la marche de son administration. Elle n’entravera, en aucune manière, son commerce. Les ministres adopteront constamment, à son égard, le langage qui convient à un gouvernement intimement uni au nôtre. Ils nous secourraient si nous étions injustement attaqués mais ils se refroidiraient, bien vite, si l’esprit d’entreprise réveillait des souvenirs qui deviendraient bientôt des craintes réelles dans tous les cabinets de l’Europe.

Lord Palmerston a reçu une lettre de sir Frédéric Lamb, en date du 13 de ce mois, qui lui annonce, d’une manière qui lui parait positive, que la cour de Vienne enverra prochainement sa ratification au traité du 15 novembre. On ne peut pas douter que la marche ferme et bien concertée de la France et de l’Angleterre n’ait eu une influence marquée sur cette résolution du cabinet autrichien.

La chambre des Communes a terminé, cette nuit, les débats sur la troisième lecture du Bill de réforme, et il y a eu division. La chambre était composée de 594 membres, 355 ont voté pour le Bill, 239 contre. Par conséquent les ministres ont obtenu une majorité de 116 voix. Ce résultat est à peu près semblable à celui qui a eu lieu au mois de septembre dernier ; car alors la chambre comptait581 membres et la majorité fut de 109 voix. Elle s’est augmentée cette année de 7 voix ; mais aussi 13 membres de plus qu’au mois de septembre ont pris part à la dernière division.

On discutera ce soir des derniers amendements qui ont été faits au Bill.

Agréez, Monsieur le comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
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