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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 12




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

22 MARS 1832







N° 324

22 mars 1832

Monsieur le comte,

Le gouvernement avait ordonné il y a plusieurs semaines, à cause de l’existence du choléra en Angleterre, que le 21 mars, il y aurait un jeûne général. En conséquence tous les travaux ont été suspendus, hier, dans la ville de Londres, et aucune boutique n’a été ouverte.

Le comité de l’union des classes ouvrières a voulu profiter de cette circonstance pour convoquer une assemblée populaire à Fimbury square, l’une des plus grandes places de Londres et elle avait fait répandre le bruit qu’il y serait fait, par ses soins, de grandes distributions de pain et de comestibles, ayant probablement pour but de faire ainsi la critique du jeûne ordonné par le gouvernement, et démontrer, en même temps, la misère du peuple.

Vers deux heures de l’après-midi 20 000 hommes des dernières classes ouvrières encombraient Fimbury square. Mais des membres du comité de l’union politique ont été bientôt forcés de leur annoncer que les distributions qui leur avaient été promises ne pourraient avoir lieu, parce qu’il existait, à cet égard, des défenses positives du gouvernement.

Le peuple à qui on n’avait guère opposé que 1 000 à 1 500 hommes de la nouvelle police, leur jeta, alors, des pierres et de la boue. Une vingtaine d’agents a été blessée, et quelques ouvriers ont également été atteints ; mais, en définitive, la lutte n’a pas été très vive, et, à six heures du soir, le square était entièrement évacué. Le reste de la journée a été parfaitement calme, et, aujourd’hui, il n’y a plus la moindre trace de mouvements dans aucune partie de la ville.

Les agents de la police se sont conduits, comme à l’ordinaire, avec autant de courage que de patience et de sang-froid à Fimbury square ; ils n’avaient que les bâtons dont ils se servent habituellement. C’est prodigieux l’effet qu’ils produisent avec ce simple moyen de défense.

Il y a lieu de croire que le gouvernement avait pris d’autres précautions, et que des troupes étaient prêtes à agir en cas de besoin, mais il n’a pas été nécessaire de les employer. Elles n’ont été aperçues nulle part, et 1 500 hommes de la police, prudents et décidés, ont suffi pour rétablir l’ordre.

J’ai été ce matin au lever du Roi. S. M. m’a parlé de l’affaire d’Ancône qui parait avoir fait une vive impression sur son esprit. Elle m’a dit : « C’est une affaire qu’il faut arranger promptement. J’ai lu cette proclamation du capitaine Legallois, elle est infâme. » (Ce sont ses propres expressions). J’ai répondu au roi que la conduite de cet officier avait hautement été désavouée ; que les actes et les publications du général Cubières, seul et véritable chef de l’expédition, étaient dans un sens tout différent ; qu’au surplus j’avais lu dans quelques journaux que le capitaine Legallois serait traduit devant un conseil de guerre, et que je l’espérais. Les ministres m’ont également parlé du capitaine Legallois en me demandant s’ils pouvaient affirmer qu’il paraitrait devant un conseil militaire. Je leur ai fait la même réponse que j’avais faite au roi. Il parait que cette fâcheuse déclaration est répandue dans toute l’Europe, et je dois vous dire qu’elle fait la plus mauvaise impression.

En général les ministres, et les personnes qui ont ici de bonnes dispositions pour la France, sont singulièrement préoccupés des affaires d’Italie, et ils ne dissimulent pas qu’elles augmentent, dans ce moment, les embarras parlementaires du cabinet.

Le bateau à vapeur de Rotterdam vient d’arriver. Je ne sais pas encore quelles nouvelles il apporte de La Haye. Le comte Orloff n’est pas encore ici.

Agréez, Monsieur le comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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