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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

A

M. CASIMIR PERIER

PRESIDENT DU CONSEIL DES MINISTRES

EN DATE DU

15 MARS 1832







15 mars 1832

Monsieur,

Lord Aberdeen, dans la chambre des Pairs, et sir R. Vyvian dans celles des Communes, ont, comme j’ai eu l’honneur de vous le mander, hier, attaqué le ministère sur les affaires d’Italie. Lord Aberdeen a continué à mettre dans cette discussion cette amertume de langage, dont il semble ne pouvoir pas se défendre depuis qu’il a passé sur les bancs de l’opposition.

Lord Grey en lui adressant des reproches d’avoir soulevé des questions qui pouvaient troubler la tranquillité de l’Europe s’est plié à répéter que la conduite du gouvernement français était de nature à obtenir l’approbation de tous ceux qui désiraient accroître la bonne intelligence des deux pays, comme un moyen et, peut-être, le seul moyen d’assurer la paix de l’Europe. Il a dit ensuite qu’il ne voyait rien dans ce que l’on savait de l’expédition d’Ancône qui pût altérer la confiance que l’on devait placer dans la sincérité et la bonne foi du cabinet français ; qu’il répétait qu’il avait déjà déclaré relativement aux communications officielles que le gouvernement avait faites tant à l’Angleterre qu’à l’Autriche, sur ses intentions d’envoyer des forces en Italie, dans le cas où cette dernière Puissance interviendrait de nouveau à main armée dans les affaires de ce pays ; que, lorsque le gouvernement français s’était déterminé à agir comme il l’avait fait, il en avait prévenu le gouvernement anglais ; qu’il n’avait pas, quand à présent, à exprimer une opinion sur le caractère politique de cette résolution, et sur ses conséquences, mais qu’il conviendrait cependant que le récit de cette expédition avait occasionné une grande surprise au cabinet anglais, qu’elle n’avait pas causé moins d’étonnement au gouvernement français, puisqu’il s’était empressé de désavouer, de la manière la plus formelle, la conduite du commandant des forces envoyées à Ancône et qu’il l’avait rappelé immédiatement.

Lord Grey a ajouté qu’il ne se croyait pas dans l’obligation d’indiquer la marche que le cabinet anglais avait dû suivre dans ces circonstances, mais qu’il pouvait dire, cependant, qu’il avait adopté promptement des mesures qui avaient paru convenir à la France, et qui satisferaient aussi, à ce qu’il pensait, le gouvernement autrichien ; car depuis qu’elles avaient été arrêtées, la Cour de Vienne avait demandé au cabinet anglais d’agir précisément comme il l’avait fait.

Le comte Aberdeen a déclaré qu’il était parfaitement satisfait de ces informations.

Lord Palmerston a parlé à la chambre des Communes dans le même sens que lord Grey, mais sans donner autant d’indications sur les démarches auxquelles le cabinet s’était arrêté.

Je ne puis pas m’empêcher de répéter que le gouvernement du Roi pourra trouver dans toute cette discussion qui était délicate et assez difficile pour les ministres de nouveaux motifs pour se féliciter des relations qu’il a su établir avec le gouvernement anglais.

La loi que ce gouvernement s’est faite de nous prêter en toute circonstance l’appui de ses bons offices, vous engagera, sûrement, à éviter avec soin, tout ce qui peut donner à ses adversaires des armes contre lui. Car vous remarquerez, sans doute, que dans aucune circonstance, les ministres n’ont été d’une manière aussi continue pressés d’expliquer ou de justifier leur conduite diplomatique.

Dans la séance d’hier, le duc de Wellington a prévenu les ministres que, sous deux jours, il demandera des copies de la correspondance qui a eu lieu en octobre et novembre 1830, entre le cabinet anglais, son ambassadeur à Paris et le gouvernement français relativement aux affaires de Belgique. Il parait qu’il veut faire quelques observations sur la manière dont l’intervention de la France a été présentée dans votre discours du 7 de ce mois.

En réfléchissant à la résolution que le comte Orloff a prise de prolonger son séjour à La Haye, je reconnais que ce nouvau délai peut mécontenter le gouvernement du Roi, comme il cause ici un assez vif déplaisir mais en définitive ce n’est qu’un délai, et je pense que la marche ferme et décidée que nous suivons, et suivront, d’une manière invariable, amènera la ratification des trois Puissances à moins qu’il ne s’élève quelque accident dont le cabinet de La Haye puisse tirer parti, comme nous sommes fondés à croire qu’il l’a fait dans une circonstance récente, pour chercher à faire prévaloir l’idée qu’il existe moins d’union entre les Puissances.

Le nouveau mémoire du gouvernement hollandais n’est pas encore parvenu à ses ministres à Londres, mais ils le recevront très probablement ce soir. La communication qu’ils en feront à la Conférence amènera nécessairement une réunion des plénipotentiaires des cinq Cours. Là, Lord Palmerston et moi, déclarerons, d’une manière tout à fait positive, qu’il nous est impossible de prendre aucune connaissance des demandes de la Hollande et d’en traiter en conférence, jusqu’à ce que les autres Puissances se soient placées sur le même terrain que la France et l’Angleterre, c’est-à-dire jusqu’à ce que, comme elles, elles aient ratifié le traité du 15 novembre.

Cette réponse devant parvenir à La Haye, accélérera, je n’en doute pas, le départ du comte Orloff et le replacera dans la position que son séjour en Hollande lui a fait quitter.

Un bâtiment arrivé aujourd’hui dans la Tamise a donné des nouvelles de l’expédition de don Pedro. L’Empereur avec quelques transports, et un brick portugais capturé dans la traversée, a débarqué à Saint Michel, le 22 février. On croit que le reste de la flotte est allé à Terceira.

Vous avez dû recevoir, avec plaisir, la communication, qui sûrement vous a été faite, d’une dépêche du consul anglais qui parle de l’excellente discipline observée par les troupes françaises qui sont à Ancône. Cette conduite-là détruira toutes les idées de propagandisme que les détracteurs du gouvernement cherchent à répandre surtout dans les Cours du Nord.

Agréez, Monsieur, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

P. S. Après avoir signé cette lettre, j’apprends que les états-généraux de Hollande se sont assemblés extraordinairement le 13 de ce mois. Le roi, en les convoquant, a eu pour but de leur faire connaître la position dans laquelle il se trouvait vis-à-vis de la Conférence.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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