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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

A

M. CASIMIR PERIER

PRESIDENT DU CONSEIL DES MINISTRES

EN DATE DU

27 FEVRIER 1832







Londres, le 27 février 1832

Monsieur,

Les notions que l’on a sur la mission du comte Orloff sont trop incertaines pour que je puisse en faire l’objet de communications, même préparatoires, entre les membres de la Conférence ; il en résulte nécessairement un délai qui se prolongera jusqu’à l’arrivée du comte Orloff à Londres.

J’ai, pendant ce moment de repos, porté mes idées sur la marche que je croirais convenable de suivre pour arriver à une solution définitive des affaires de Hollande et de Belgique, sans que la dignité des deux Puissances qui ont ratifié le traité du 15 novembre, éprouvât la moindre atteinte.

Voici, il me semble, ce qui pourrait avoir lieu et ce qui serait à faire.

Le comte Orloff n’a pas mission de se mettre officiellement en rapport avec la Conférence, et c’est par la légation russe à Londres que nous serons informés des propositions du cabinet de Saint Petersbourg.

Ces propositions tendront probablement à ce que des modifications, calculées sur les intérêts et les convenances du roi de Hollande, soient introduites dans le traité du 15 novembre.

Les plénipotentiaires de France et d’Angleterre doivent, à ce qu’il me semble, répondre à cette demande : que leurs gouvernement, ayant ratifié le traité, ils ne peuvent pas admettre qu’il y soit apporté la moindre modification et qu’ils invitent, au contraire, les Cours de Russie, d’Autriche et de Prusse à ne pas retarder la ratification de cet acte ; que cette formalité étant remplie et les engagements contractés, au nom des trois Cours, étant exécutés, on pourrait alors adopter toutes les voies de conciliation et de persuasion qui contribueraient à ce que la Hollande et la Belgique réglassent entre elles directement et de gré à gré les points qui, jusqu’ici, ont retardé l’arrangement définitif de leurs intérêts réciproques. Ce règlement s’opérerait par un traité où la Hollande et la Belgique seraient seules parties contractantes ; lorsque cette transaction serait terminée, les cinq Puissances se réuniraient de nouveau pour l’approuver et donner leur garantie aux stipulations qu’elle contiendrait ; elles termineraient ainsi ensemble un ouvrage qu’elles ont commencé ensemble et elles montreraient par-là à l’Europe qu’elles ont pu différer un moment sur les moyens d’arriver au but qu’elles s’étaient proposé, mais que ces moyens ayant été trouvés, elles ont senti le besoin de consacrer par un acte solennel l’union qui continue d’exister entre elles dans l’intérêt de la paix générale.

Je suis à peu près certain que le cabinet anglais sera disposé à adopter la marche que je viens d’indiquer qui me semble naturelle et régulière, car c’est aux Puissances qui n’ont pas encore ratifié le traité à se rapprocher de celles qui ont accompli cette formalité. D’ailleurs, il est impossible de laisser, pour ainsi dire, déchirer le traité du 15 novembre en le modifiant dans des parties essentielles et de perdre tout l’avantage que nous assure notre ratification donnée en même temps que celle de l’Angleterre ; plus nous avançons dans cette voie et plus notre union avec cette Puissance paraît promettre d’heureux résultats.

J’ai reçu la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 24 de ce mois ; je vous remercie des informations qu’elle contient sur les affaires d’Italie et sur celles de la Diète germanique, relativement au grand-duché de Luxembourg.

L’ambassade de Russie se proposant d’avoir de grandes réunions pendant la saison qui réunit le plus de monde à Londres, j’aurai de mon côté des soirées et je donnerai plusieurs bals. Cela est d’autant plus convenable que M. le prince d’Esterhazy est absent et que l’ambassade de France doit par conséquent ajouter, dans cette circonstance, à sa représentation habituelle.

Agréez, Monsieur, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
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