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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

A

M. CASIMIR PERIER

PRESIDENT DU CONSEIL DES MINISTRES

EN DATE DU

24 FEVRIER 1832







Londres, le 24 février 1832

Monsieur,

Nous avons appris ici que le comte Orloff avait quitté Berlin le 15 de ce mois pour se rendre à La Haye.

Pendant son séjour à Berlin le comte Orloff parait ne pas s’être ouvert avec le cabinet prussien sur le fonds de la mission dont l’Empereur l’a chargé, du moins le ministère prussien n’en a rien écrit ici à M. de Bulow ; il a plutôt pris des informations qu’il n’a fait de communications.

Le comte Orloff restera probablement peu de temps à La Haye ; de là il se rendra à Londres ; jusqu’à son arrivée nous ne serons qu’en conjectures.

Dans la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire, Monsieur, le 17 de ce mois, vous témoigniez le désir de connaître les mesures que le gouvernement anglais serait disposé à s’arrêter, de concert avec la France, dans le cas où une rupture viendrait à éclater par le fait de la Hollande.

Lord Palmerston, à qui j’ai présenté cette question, m’a paru croire qu’il n’y avait pas lieu de l’examiner maintenant parce qu’elle repose uniquement sur une hypothèse qui, d’après tout ce qui se passe, ne se réalisera sûrement pas, car ce serait par trop en opposition avec la mission du comte Orloff.

On est assez occupé ici et plus occupé, peut-être qu’en France, des affaires d’Italie. Vous aurez, sans doute, remarqué avec quels ménagements lord Palmerston s’est exprimé, il y a trois jours, sur notre expédition pour Ancône lorsqu’un membre de la chambre des Communes lui a adressé une question directe à cet égard. Lord Palmerston, en annonçant que le cabinet anglais n’avait aucune intention de s’occuper des affaires des autres, a voulu montrer, aussi clairement que possible, qu’il ne croyait devoir faire aucune objection aux mesures adoptées par la France et par sa réponse, les personnes qui l’écoutaient sont restées persuadées qu’il était au courant de ce qui se passait.

Il parait que M. Seymour, ministre d’Angleterre en Toscane, a reçu l’ordre de se rendre à Rome.

J’ai eu une connaissance fort détaillée d’un entretien de M. le chevalier de Lima, chargé d’affaires de la reine dona Maria à Londres, avec lord Palmerston ; je crois qu’il peut être de quelque intérêt pour vous.

M. de Lima ayant reçu de Petersbourg la certitude que le gouvernement russe ne voulait pas s’immiscer dans les affaires de Portugal qu’il regarde comme ne pouvant intéresser que l’Angleterre, a cru devoir faire part de cette information à lord Palmerston. Ce ministre, de son côté, a communiqué à M. de Lima ce qu’on lui mandait de Vienne et de Berlin sur la question portugaise.

Le gouvernement autrichien ne veut pas plus intervenir que le cabinet de Petersbourg dans le différent de don Pedro et de don Miguel mais il soutient que l’Espagne est parfaitement en droit de s’en mêler et que la France n’a aucun titre pour s’opposer à l’intervention de l’Espagne.

Le cabinet de Berlin, toujours favorable à la cause de don Miguel, s’exprime aujourd’hui, par l’organe de M. Ancillon, avec plus de chaleur que jamais. Il pense qu’on ne peut pas contester à l’Espagne le droit de s’immiscer dans des questions qu’il regarde comme vitales pour elle ; mais il ne se prononce pas, comme l’Autriche, sur la réserve que la France doit observer à l’égard de l’Espagne.

Dans cet état de chose le ministère anglais a pensé qu’il devait faire connaître ouvertement la marche qu’il voulait suivre et celle qu’il désirait qu’on adoptât envers le Portugal ; en conséquence, il a fait rédiger un mémorandum qu’il a envoyé aux Cours de Vienne, de Berlin et de Madrid. Il résulte de cette pièce que le gouvernement anglais adopte la plus stricte neutralité entre don Miguel et le parti opposé ; il invite l’Espagne à rester également étrangère à ce débat, en ajoutant que l’Angleterre se croyait appelée à quelque démarche caractérisé à cause du casus faederis , elle examinerait alors le parti que le gouvernement aurait à prendre. Vous savez sûrement dans quel état se trouvent les troupes espagnoles qui ont dû se rendre sur les frontières du Portugal. Elles sont mécontentes car elles n’ont pas de paye et pas de soutien.

Le choléra fait à Londres des progrès extrêmement peu sensibles et les craintes qu’il avait d’abord inspirées semblent s’affaiblir chaque jour davantage ; cependant le bulletin de ce marin annonce 4 nouveaux malades et 3 décès.

Le commerce s’élève avec force contre l’opinion qui a fait considérer comme une certitude complète l’existence du choléra à Londres, et il s’effraye vivement des mesures de quarantaine qui s’établissent sur plusieurs points du continent ; quoi qu’on ait particulièrement des mesures de précaution qui se prennent en France, on remarque néanmoins qu’elles sont beaucoup moins rigoureuses que partout ailleurs et on en sait gré au gouvernement de S.M.

Agréez, Monsieur, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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