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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

A

M. CASIMIR PERIER

PRESIDENT DU CONSEIL DES MINISTRES

EN DATE DU

20 FEVRIER 1832







Londres, le 20 février 1832

Monsieur,

Ayant été invité au dîner que le lord Maire donnait avant-hier aux ministres du Roi j’ai cru devoir accepter. Je n’ai eu qu’à m’applaudir de cette résolution, car cette circonstance semblait avoir été choisie pour exprimer tous les sentiments qui rapprochent aujourd’hui les Anglais des Français et qui lient intimement la politique de leurs gouvernements.

Vous trouverez, Monsieur, la preuve de ces dispositions tout amicales dans le discours de S. A. R. le duc de Sussex mais surtout dans celui de lord Grey qui a parlé pendant 25 minutes environ, et dont le talent facile et brillant a produit l’effet le plus heureux. Des discours du ministre de Lansdowne et de M. Stanley ont eu aussi beaucoup de succès.

J’étais le seul membre du corps diplomatique qui s’était rendu à l’invitation du lord Maire ; en général on craint la fatigue de ces longues réunions, mais je suis un peu porté à croire, aussi, qu’on pressentait que la France y serait traitée avec une sorte de prédilection.

Tous les détails de ce dîner sont dans les journaux de ce matin.

Il me semble qu’il serait bon que les journaux français qui sont dans le sens du gouvernement en donnassent une traduction complète et fidèle ; il est convenable que ces circonstances soient connues et que l’on voit, en même temps, ici, avec quelle attention on les accueille en France.

La ratification de la convention du 14 décembre relative aux forteresses de Belgique est ajournée au 15 mars prochain. Toutes les Puissances signataires, l’Angleterre comprise, ont pensé que cette convention, ayant une connexion intime avec le traité du 15 novembre, ne pouvait pas être ratifiée avant qu’il ne l’eût été lui-même.

Il y a très peu de changement dans la situation de Londres relativement au choléra. Depuis le dernier bulletin, publié avant-hier, il y a eu trois nouveaux cas et un décès ; en tout, depuis le commencement de la maladie, 34 cas et 18 décès.

Agréez, Monsieur, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

P. S. J’ai reçu la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire, le 17 de ce mois, où vous me mandez que l’Autriche est évidemment très blessée des mesures que le gouvernement du Roi vient de prendre par suite des événements de la Romagne. Il y a lieu d’espérer, d’après ce que vous voulez bien ajouter, que ce sentiment d’humeur de la Cour de Vienne finira par être surmonté ; cependant, il aurait peut-être à désirer que le gouvernement de S. M. ne se fût pas trouvé dans la nécessité de faire ces démonstrations en Italie avant que le traité du 15 novembre n’eût été ratifié par l’Autriche et les deux autres Cours, car nous ne devons pas oublier que nous avons un intérêt majeur à ce que les Puissances se réunissent et forment, pour ainsi dire, de leurs ratifications, une sorte de faisceau. Une fois ce résultat obtenu, nous nous trouvions bien plus libres dans notre action en Italie, mais je conçois que tout ce que les événements de cette partie de l’Europe et de l’état de l’opinion publique en France offraient de difficultés et d’exigences. Je crois que, cependant, quand ce sera possible, nous trouverons de l’avantage à adopter une vieille maxime anglaise dont le sens est de ne jamais s’occuper de deux choses importantes à la fois et d’attendre pour commencer une nouvelle affaire que l’affaire entamée soit terminée.

J’aurai l’honneur de répondre, par le courrier prochain aux autres parties de la dépêche du 17.

Je vous envoie l’extrait du journal qui rend le compte le plus exact de ce qui s’est passé samedi au dîner du lord Maire.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
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