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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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3è LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

A

M. CASIMIR PERIER

PRESIDENT DU CONSEIL DES MINISTRES

EN DATE DU

13 FEVRIER 1832







13 février 1832

Monsieur,

J’ai reçu la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire, le 10 de ce mois.

Le départ de l’Empereur don Pedro et le manifeste qu’il a publié, avant de s’embarquer, ont produit peu d’effet ici ; cependant, les hommes éclairés de ce pays sont presque tous favorables à la cause de dona Maria et font des vœux sincères pour le renversement de l’odieux pouvoir qui opprime le Portugal. On a trouvé que le manifeste de l’Empereur était rédigé dans un esprit de modération extrêmement louable et que la manière dont il était parlé des Cortes n’avait rien d’alarmant.

Vous avez remarqué, sans doute, Monsieur, dans le dernier discours de lord Palmerston tout ce qui peut faire connaître, sans la nommer, l’opinion personnelle des membres du cabinet relativement aux affaires du Portugal. Il en résulte évidemment que le ministère anglais est fatigué, pour ainsi dire, des justes clameurs qui s’élèvent dans tout le monde civilisé contre don Miguel et qu’il donne un assentiment tacite à tout ce qui sera fait pour renverser son odieux gouvernement. Je ne crois pas qu’il ait encore approfondi toutes les questions qui peuvent naître du traité de Methuen et d’une agression de l’Espagne contre le Portugal ; loin de provoquer le gouvernement anglais sur des points si délicats, j’attends qu’il sente le besoin de s’ouvrir avec moi sur le sujet. Cependant, ayant parlé, hier, à lord Palmerston, de la proclamation de don Pedro, j’ai vu, par sa réponse, qu’il la trouvait bonne.

J’ai eu l’honneur de vous faire part, hier, des informations que le cabinet de Saint Petersbourg a données à son ambassadeur à Londres sur la mission du comte Orloff à La Haye. Les difficultés qui entouraient encore le traité du 15 novembre semblent chaque jour s’aplanir davantage ; c’est un motif pour que les Belges restent parfaitement calmes ; ils atteindront, ainsi, le but de leurs désirs tandis que des plaintes trop vives sur la privation de la citadelle d’Anvers ou par quelque acte de violence, ils fourniraient au roi de Hollande des prétextes qu’il ne faut certainement pas lui donner aujourd’hui.

Je reviens sur cette observation que j’ai déjà faite dans une dépêche précédente parce qu’il me semble du plus haut intérêt d’en faire le sujet des instructions que le gouvernement du Roi a à donner à sa légation à Bruxelles, attendu que nous n’avons pas à perdre de vue que si les Puissances ratifient, elles ratifient néanmoins avec une certaine répugnance.

J’ai eu l’honneur, Monsieur, de vous transmettre un exemplaire imprimé de la dernière note que les plénipotentiaires de Hollande ont adressée à la Conférence ; je crois devoir y ajouter le projet de traité qui alors n’avait pas été imprimé et que le gouvernement hollandais a joint à la réplique. La réunion de ces pièces montre évidemment que le Roi conserve toujours l’espérance et la volonté de recouvrer la Belgique, mais les résolutions auxquelles les Puissances arrivent successivement et surtout la mission du comte Orloff feront enfin évanouir des illusions trop longtemps prolongées.

Je joins ici l’extrait d’un journal du soir qui donne des informations sur le choléra. Aujourd’hui les inquiétudes sont moins vives qu’elles n’étaient hier, mais on craint que l’existence de cette maladie, au moment où va commencer pour Londres ce qu’on appelle la saison, ne cause des dommages sensibles au commerce et aux arts de luxe.

Agréez, Monsieur, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
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