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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

A

M. CASIMIR PERIER

PRESIDENT DU CONSEIL DES MINISTRES

EN DATE DU

1er FEVRIER 1832







Londres le 1er février 1832

Monsieur,

La Conférence s’est réunie avant-hier, pour prendre connaissance de la réponse du cabinet de La Haye à la note que les Plénipotentiaires des cinq cours lui ont adressée le 4 janvier.

Cette réponse est faible de raisonnement et d’une extrême longueur ; j’ai demandé et obtenu qu’on ne s’en occupât que dans quelques jours, parce que je tenais à ce que toute l’attention se portât sur les ratifications du traité du 15 novembre qui devaient être échangées le 31 janvier.

Cet échange a eu lieu, hier soir, entre le plénipotentiaire belge et les plénipotentiaires français et anglais. J’aurai l’honneur, Monsieur, de vous envoyer le procès-verbal d’échange ainsi que les ratifications du Roi Léopold aussitôt qu’il se présentera une occasion favorable pour faire cette transmission : le portefeuille étant abandonné à Calais à la malle ordinaire ne me paraît pas offrir, à cet égard, assez de sûreté pour renfermer une pièce de cette importance.

Je crois, Monsieur, devoir appeler toute votre attention sur le protocole N° 55 que j’ai l’honneur de vous envoyer et qui me paraît réunir dans les circonstances où nous nous trouvons toutes les garanties de bonne intelligence et de sentiments pacifiques que nous pouvions demander aux Puissances qui ont signé avec nous, par l’intermédiaire de leurs plénipotentiaires à Londres, le traité du 15 novembre.

Vous verrez, par la lecture de cette pièce, que les plénipotentiaires d’Autriche, de Prusse et de Russie, n’ayant pas les ratifications de leurs Cours ou n’étant pas autorisés à les échanger, ont demandé que le protocole restât ouvert afin qu’ils pussent exprimer, lorsqu’ils en auront reçu la faculté, les résolutions ultérieures de leurs cabinets.

Voici, Monsieur, une grande affaire finie. Notre ratification donnée, en même temps que celle de l’Angleterre, l’accord qui s’établit entre son cabinet et le nôtre sur les affaires de Belgique comme sur d’autres questions importantes forment aujourd’hui un système dont la France et l’Angleterre sont appelés l’une et l’autre à recueillir de grands avantages. Il faut, Monsieur, nous attacher à cette nouvelle position avec persévérance et savoir y subordonner les petits intérêts, les petits incidents de médiocre importance qui viendraient à se présenter. Je crois, aussi, que pour bien cimenter cette union nouvelle des deux gouvernements, il est nécessaire que tout en nous montrant, dans toutes les occasions, disposés à marcher d’accord avec le gouvernement anglais, nous ne cherchions pas à l’associer à des vues ou des démarches qui pourraient le gêner, parce que les circonstances où il se trouve n’ont pas d’analogie avec celles dont nous sortons.

Enfin je pense que pour établir des rapports de confiance et de durée nous devons atténuer plutôt que laisser se développer tout ce qui pourrait devenir un sujet de préoccupation pour lui.

Le gouvernement du Roi aurait aussi, je crois, quelques conseils à faire parvenir au gouvernement belge pour qu’il puisse tirer de la position où le placent notre ratification et celle de l’Angleterre tous les avantages qu’elles doivent lui procurer. Ce gouvernement doit maintenant adopter une marche tranquille et posée qui le fasse sortir de l’espèce d’agitation dont les événements récents lui ont fait contracter en quelque sorte l’habitude. C’est en prenant cette position qu’il acquerra facilement des titres à la confiance des autres gouvernements. C’est en ne recourant que rarement et dans des occasions vraiment importantes à l’appui soit du gouvernement français, soit à l’appui du gouvernement anglais qu’il se conservera des droits à leur protection.

Ces considérations me conduisent à vous parler avec confiance du choix que vous allez avoir à faire pour la mission de Bruxelles, puisque le général Belliard vient d’être enlevé si malheureusement au service du Roi et de la France.

Ce choix me parait exiger beaucoup d’attention ; et vous jugerez sans doute qu’il faut placer dans ce poste un homme d’un esprit calme, conciliant et clairvoyant, et surtout éviter ce qu’on appelle un faiseur. Il sera très important que le ministre du Roi à Bruxelles s’applique à conserver les bons rapports que le général Belliard avait su établir avec sir A. Adair et qui ont eu une si heureuse influence de toute sa mission

Agréez, Monsieur, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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