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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

A

M. CASIMIR PERIER

PRESIDENT DU CONSEIL DES MINISTRES

EN DATE DU

25 JANVIER 1832







25 janvier 1832

Monsieur,

J’ai reçu la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire, le 22 de ce mois, ainsi que l’extrait d’une lettre de l’ambassadeur du Roi à Vienne qui y était jointe et que je vous remercie beaucoup de m’avoir donné communication.

On trouve dans cette pièce des indications qui méritent d’être recueillies et qui peuvent servir à nous éclairer sur la politique actuelle de la cours de Vienne.

Il est évident que le rapprochement qui s’est opéré entre les gouvernements de France et d’Angleterre y cause de vives inquiétudes ; aussi vous voyez qu’on cherche à nous détacher de cette Puissance, soit en peignant son administration de la manière la plus défavorable et la moins rassurante, soit en lui attribuant à elle seule le résultat de l’affaire des forteresses de Belgique dont on sait que nous avons été mécontents.

Ces insinuations ont été également faites à Berlin et elles montrent clairement que ces deux Cours, en s’exprimant avec tant d’accord sur cette affaire des forteresses pour nous en faire un sujet de griefs contre l’Angleterre, ont conçu l’espoir d’y trouver un moyen de nous refroidir avec cette Puissance. Notre union le gène, les effraye peut-être et si nous n’avions pas de motifs pour chercher à cimenter chaque jour cette union qui doit être si fertile en heureux résultats, nous les trouverions sans doute dans l’espèce d’appréhension qu’elle inspire aux Cours du Nord. Donnons donc à nos liens avec l’Angleterre toute la force qu’ils doivent avoir et nous serons dans le vrai système de politique extérieure qu’ dû créer la révolution de juillet.

Il y a un singulier accord entre la manière dont les Cours du Nord parlent du cabinet anglais et la manière dont elles écrivent ici sur la situation de la France qu’elles présentent comme n’offrant aucune sécurité parce que, dit-on, nous ne sommes pas établis.

Toutes les informations que l’on reçoit ici et que confirme sans doute la correspondance de M. le maréchal Maison des plénipotentiaires autrichiens à la Conférence de Londres la trace des petits sentiments qui se trahissent malgré eux. Il n’en est pas moins vrai que ces ministres ayant travaillé avec persévérance, bonne foi, et talent au maintien de la paix ont des titres incontestables à la reconnaissance des amis de l’ordre et mon opinion, quelque chose que l’on dise, est que le ministère autrichien ne déplacera pas M. de Wessemberg en qui l’Empereur a personnellement de la confiance.

La manière dont s’exprime M. Ancillon vis-à-vis de M. Bresson et de M. le prince de Metternich avec le maréchal Maison, sur l’espèce de désapprobation qu’ils donnent aux ministres de Prusse et d’Autriche à la Conférence de Londres est en contradiction positive avec ce qui est mandé directement à ces ministres, ils n'ont reçu aucune espce de reproches de leurs cours et cette circonstance peut contribuer encore à prouver qu’il y a quelque combinaison pour nous séparer de l’Angleterre car, ce ne peut être sans motifs qu’on affiche un mécontentement qui n’a jamais été véritablement exprimé.

Vous aurez ce soir entre les mains, Monsieur, la déclaration qui doit fixer l’opinion du Roi et de son gouvernement sur l’affaire des forteresses. Il ne me parait pas possible qu’il subsiste encore quelques appréhensions à cet égard ; le gouvernement du Roi a des moyens de répondre à toutes les objections raisonnables qui auraient pu lui être faites. L’honneur et la susceptibilité nationales sont parfaitement à couvert. J’espère, Monsieur, que votre premier courrier m’apportera l’autorisation de faire maintenant l’échange des ratifications du traité du 15 Novembre. Si cet échange éprouvait de nouvelles difficultés de notre part, il est évident, pour moi, que nous perdrions notre influence en Belgique et que toutes ses affections se tourneraient vers l’Angleterre, car l’Angleterre ne met pas la moindre hésitation à ratifier et à échanger sa ratification le 31 de ce mois. Ce refus nous ferait faire des pas rétrogrades aussi dans les relations que nous désirons établir avec cette dernière Puissance, sans nous rapprocher, en aucune façon des autres cabinets.

C’est demain que lord Aberdeen parlera à la chambre des Pairs sur les affaires de Hollande et de Belgique. Lord Grey, lord Lansdown et lord Holland se préparent à lui répondre. J’aurai l’honneur de vous rendre compte de l’impression que cette discussion aura produite.

Agréez, Monsieur, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
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