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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

A

M. CASIMIR PERIER

PRESIDENT DU CONSEIL DES MINISTRES

EN DATE DU

19 JANVIER 1832







19 janvier 1832

Monsieur,

Je continue d’avoir chaque jour des conférences avec M. van de Weyer sur l’affaire des forteresses afin de concerter, avec lui, les termes précis dans lesquels, après les ordres qu’il a demandés et qu’il attend, et d’après ceux que j’ai reçus de votre part, devra être conçue la demande d’explication qu’il aura à présenter aux ministres des quatre Cours.

Les dispositions personnelles de M. le ministre de Belgique paraissent être, à présent, ce que nous pouvons désirer qu’elles soient et il m’a montré une lettre du roi Léopold, en date du 14 de ce mois, par laquelle il l’autorise à faire tout ce qui serait nécessaire pour prévenir quelque mésintelligence entre les Puissances. Il y a donc lieu de croire que les instructions que M. van de Weyer a demandées à Bruxelles seront conçues dans un sens qui permettra à la légation belge d’agir d’une manière plus ouverte, et plus conforme aux rapports de son gouvernement avec celui du Roi. Comme une grande partie du résultat de la transaction du 14 décembre doit être attribuée au gouvernement de Bruxelles c’est de lui, aujourd’hui, que doivent venir nécessairement les démarches ostensibles qui auront pour but de la réformer.

De mon côté, je fais toutes les démarches nécessaires et j’ai des motifs pour espérer que nous finirons par obtenir un acte qui prouvera que le gouvernement du Roi n’a rien négligé de ce qui pouvait être dans les intérêts de la France nouvelle, et de nature à calmer les exigences raisonnables et même toutes les susceptibilités.

Je pense qu’alors, Monsieur, vous voudrez bien m’envoyer l’autorisation d’échanger les ratifications du traité du 15 novembre et de me joindre au gouvernement anglais qui conserve, encore, quelque chose qui arrive, l’intention de faire un échange à la fin du mois.

M. van de Weyer n’attend la réponse de Bruxelles que cette nuit.

Le Parlement a repris ses séances depuis deux jours mais il ne s’est pas occupé d’affaires, les membres présents étant encore en trop petit nombre. Les bruits publiés annoncent toujours que le ministère a le projet de créer des Pairs et que différentes personnes ont été questionnées pour qu’on sût, à l’avance, si elles accepteraient cette dignité ; plusieurs ont déclaré, dit-on, qu’elles la refuseraient. On ajoute, mais toujours comme un bruit de ville, que le Roi et les ministres sont d’accord sur la nécessité où on pourra se trouver de faire une création de Pairs mais que, néanmoins, il y a des difficultés sur les choix parce que S. M. voudrait qu’ils se portassent, d’abord, sur les Fitz Clarence.

D’autres personnes assurent qu’il n’y aura pas de nomination de Pairs ; que la Chambre haute autorisera la seconde lecture du Bill et, qu’alors, il éprouvera de grandes modifications dans le comité qui se formerait au sein de la Chambre. Les partisans de cette opinion croient que, dans ce cas, le Bill, ainsi modifié, étant reporté aux Communes, recevrait encore leur sanction.

Je crois devoir vous faire connaître, Monsieur, les différentes opinions qui circulent en ce moment ; il peut y avoir dans chacune d’elles quelque chose d’exact mais, je suis porté à croire que les résolutions du gouvernement ne sont pas encore arrêtées.

Les ministres gardent le plus profond silence sur toutes ces questions et vous sentez qu’il ne serait pas dans la ligne des convenances qu’ils fussent interrogés sur leurs affaires intérieures par des ministres étrangers.

M. de Cetto, ministre de Bavière à Londres, a reçu ses lettres de rappel ; on croit que son changement tient au mouvement ministériel qui vient d’avoir lieu à Munich.

Nous sommes à la veille de perdre le prince d’Esterhazy que des affaires de famille très importantes pour sa fortune rappellent à Vienne.

Agréez, Monsieur, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
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