Optimisé pour
Espace de téléchargement












MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS










LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

A

M. CASIMIR PERIER

PRESIDENT DU CONSEIL DES MINISTRES

EN DATE DU

30 DECEMBRE 1831







30 décembre 1831

Monsieur,

J’ai reçu les lettres que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 26 et le 27 de ce mois.

Depuis la réception de ces lettres j’ai fait de nouvelles et pressantes démarches auprès des différents ministres qui sont ici et plus particulièrement auprès de lord Palmerston soit pour leur faire adopter l’idée que j’avais présentée au gouvernement du Roi de ne faire pour les forteresses de Belgique qu’une convention provisoire et en quelque sorte suspensive soit pour faire admettre les modifications que désire le gouvernement de S. M. relativement aux articles 4 et 5 de la convention conclue le 14 de ce mois par le général Goblet.

J’ai trouvé lord Palmerston dans une disposition parfaitement arrêtée de ne faire aucun changement à cette convention, que deux conseils de cabinet, dont l’opinion a été positive à cet égard, ne permettent plus de modifier, en aucune manière, et bien persuadé d’ailleurs, que les explications détaillées qui vous auront été données par lord Granville auront convaincu le gouvernement du Roi que cette convention n’a nullement été conçue dans des vues dont il puisse avoir à se plaindre.

Je suis persuadé, en effet, Monsieur, que cette affaire tient à plusieurs petites causes, que j’ai indiquées dans mes dépêches précédentes mais qu’elle n’est pas le résultat d’un plan arrêté.

A l’égard de l’article 4 qui a spécialement mécontenté le gouvernement du Roi, parce qu’il oblige la Belgique à entretenir les places qui sont conservées, il ne faut nullement y chercher la trace de la Sainte Alliance ; il veut dire, au contraire, que désormais, les Puissances n’auront plus à s’immiscer dans l’entretien de ces places et que devenant la propriété exclusive de la Belgique, elles seront entretenues aux frais de ce pays ; ce qui achève de montrer que cette interprétation est vraie c’est que par l’article 5 il est dit que le reliquat des sommes originairement affectées au système de défense de la Belgique sera remis au roi Léopold pour servir à l’objet auquel ces sommes avaient été destinées. Il est clair que les Puissances ont renoncé à s’immiscer dans l’administration et la réparation des places, ce qu’elles n’auraient certainement pas fait si elles avaient voulu perpétuer l’ancien système. Au surplus, Monsieur, on aurait bien tort de s’effrayer de cet article 5, qui a été sollicité par le général Goblet pour faire obtenir à son gouvernement le reliquat des sommes originairement versées par les quatre Puissances et, pour diminuer, ainsi, la pénurie du Trésor belge. Lord Palmerston m’a dit, hier, qu’il venait de demander en quoi consistait ce reliquat et qu’on lui avait annoncé qu’il n’y avait plus rien en caisse. Ainsi, il n’y a donc pas lieu d’attacher à cette disposition la moindre importance ; c’est l’effet d’un calcul du gouvernement belge, ou de son agent, qui, en définitive, ne sera pas très productif.

Quoique ces différentes considérations me paraissent de nature, Monsieur, à dissiper les appréhensions du gouvernement, je ne vais pas moins chercher s’il n’y aurait pas moyen de faire reproduire, dans un acte quelconque, souscrit par les plénipotentiaires des Puissances, les raisonnements que je viens d’avoir l’honneur de vous présenter parce que, exprimés par eux, ils auraient plus de force et répondraient aux attaques de ceux qui veulent mal interpréter toutes choses.

Conformément aux demandes que m’en a faite M. le comte Sébastiani, j’ai l’honneur, Monsieur, de vous envoyer une copie de la convention du 14 décembre conclue par M. le général Goblet.

Lorsque les choses seront plus avancées j’aurai l’honneur de répondre à la lettre que le Roi a eu la bonté de m’écrire, et que vous avez bien voulu m’envoyer.

Agréez, Monsieur, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

P. S. Je ne vous envoie pas d’informations sur le choléra parce que vous les trouverez très exactement données dans le Courrier et que la source où je pourrais les prendre est celle où les puise ce journal.

******************************************


MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11










RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS





© EX-LIBRIS réalisé pour ma collection par Nicolas COZON - Gravure au Burin sur Cuivre
Tirage réalisé par les Ateliers CAPPELLE à Sannois - Val d'Oise -
Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




Optimisé pour
Espace de téléchargement