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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

19 DECEMBRE 1831







19 décembre 1831

Monsieur le comte,

J’ai reçu les lettres que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire les 16 et 17 de ce mois dans lesquelles vous paraissiez croire que la convention récemment conclue à Londres pour la démolition et le maintien d’un certain nombre de places fortes en Belgique a pu être faite dans des vues semblables à celles qui dictèrent les traités de 1815.

Je vous demande, M. le comte, la permission d’exprimer, à cet égard, une opinion différente de la vôtre ; je suis persuadé intimement qu’aujourd’hui les Puissances ne veulent pas et ne peuvent pas continuer le système de la Sainte Alliance. Si elles avaient cherché à le maintenir, elles n’auraient pas consenti au principe de la séparation de la Belgique et de la Hollande. Elles sont maintenant trop fortement engagées.

Le gouvernement du Roi commettrait, je crois, une erreur en continuant d’attribuer à d’arrière-pensées le résultat de la convention sur les places. Ce résultat est l’œuvre d’une intrigue belge à laquelle la position actuelle du ministère anglais est venue donner plus d’influence parce qu’il a craint, comme je vous le mandais dans une de mes dernières lettres, les attaques de lord Aberdeen et du duc de Wellington et qu’il a peur d’être accusé de faiblesse dans la conduite des intérêts extérieurs.

Je vais continuer les démarches que j’ai déjà faites et j’emploierai les différents arguments que me fournissent vos dernières dépêches mais elles n’auront vraiment d’efficacité que lorsque le gouvernement du Roi aura fait usage à Bruxelles de son influence naturelle et d’une certaine exigence de position pour faire retarder la ratification.

Si la ratification peut être différée à Bruxelles (et c’est dans cette vue que j’ai écrit au général Belliard le même jour que j’avais l’honneur de vous écrire à vous-même) il y aurait un moyen à prendre aujourd’hui. Ce moyen n’est pas aussi complet que nous pourrions le désirer mais il est au moins suffisant pour sortir de l’embarras dans lequel nous mettent les Belges et les appréhensions qu’a le ministère anglais des discussions du Parlement. Cet expédient serait de faire un nouveau traité avec un dispositif à peu près conçu dans les termes suivants :

« Conformément au protocole du 17 avril les ministres des quatre Puissances, et le plénipotentiaire belge, se sont réunis pour procéder à l’indication des places qu’il conviendrait à la situation de la Belgique de voir démolies.

Les plénipotentiaires ont commencé par arrêter la démolition de Mons, Ath, Menin se réservant de déterminer plus tard le sort des autres places. »

C’est là l’idée à laquelle je m’arrêterais le plus volontiers parce qu’elle laisse chacun à son aise mais, pour arriver là il faut commencer par faire exprimer à la Belgique un refus de ratification.

J’ai beaucoup fait valoir auprès de lord Grey la conduite du gouvernement français qui, au moment d’un mécontentement aussi fondé, ratifiait, pour lui épargner des difficultés parlementaires, la convention relative aux noirs. Lord Grey y a paru fort sensible et m’a chargé de mettre aux pieds du Roi l’expression de sa reconnaissance.

Je n’ai pu voir lord Palmerston qui est à la campagne depuis samedi et qui ne reviendra que demain.

C’est une lettre du 16, qui m’est parvenu hier, M. le général Belliard m’envoie une copie de la lettre qu’il a eu l’honneur de vous écrire le 13 de ce mois sur les aveux qu’il avait obtenus relativement à l’affaire des forteresses. J’en avais connaissance par la communication que vous aviez bien voulu m’en donner par votre dépêche du 15 et, malgré le détour, j’ai été étonné de recevoir cette information plus promptement par Paris que par Bruxelles.

Agréez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
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