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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

18 DECEMBRE 1831







18 décembre 1831

Monsieur le comte,

J’ai reçu la dépêche télégraphique que vous m’avez adressée le 17 de ce mois par laquelle vous m’annoncez que l’intention du Roi est que, jusqu’à nouvel ordre, je suspende l’échange des ratifications du traité du 15 novembre.

Vous avez vu, M. le comte, par ma dépêche du 14, que plusieurs considérations me paraissaient se réunir pour que l’on ne pressât rien relativement à l’échange des ratifications et que l’on restât, à cet égard, dans les termes du traité. Ainsi, sans faire de ce délai aucun motif d’explication avec qui que ce soit, nous resterons toujours dans un accord complet avec toutes les puissances signataires du traité et pendant ce temps le gouvernement du Roi aura pu s’entendre, de nouveau, avec le gouvernement belge sur la question de la démolition des places.

M. le général Belliard a reçu, à ce sujet, de moi une prompte information par la lettre que je lui ai écrite le 15 et dont j’ai eu l’honneur de vous envoyer une copie. Ainsi, dès le 17 de ce mois, il aura pu préparer les voies pour l’exécution des ordres que vous aurez eu à lui transmettre.

Il est évident aujourd’hui pour moi que la tournure qu’a prise cette affaire de la démolition des places est le résultat d’une intrigue belge qu’il m’était impossible de découvrir à Londres ; si M. le général Belliard m’avait fait part de l’intrigue dont il vous parlait j’aurais cherché à montrer ici combien le plan qu’on proposait devait être désagréable à la France et serait peu d’accord avec l’esprit du protocole du 17 avril dans lequel les Puissances ont voulu exprimer la confiance qu’elles avaient dans son gouvernement actuel.

Je suis d’autant plus fondé à faire cette observation que le 13 décembre, date de la lettre que M. le comte Belliard vous a adressée, il m’écrivait aussi et ne me donnait pas, à cet égard, le plus léger indice.

Vous sentez, M. le comte, que je n’ai pas pu garder le silence vis-à-vis de MM. Van de Weyer et Goblet et que j’ai eu à m’expliquer avec eux sur la marche mystérieuse qu’ils avaient suivie ainsi que sur le résultat de leurs négociations. Ces MM. m’ont répondu que je prenais ce résultat avec bien plus de vivacité qu’on en mettait à Paris et qu’ils avaient même des motifs pour être persuadés que l’on n’y serait pas mécontent de la manière dont l’affaire était terminée.

Le général Goblet a indiqué plusieurs fois, soit aujourd’hui, soit hier, qu’il n’y avait entre la France et la Belgique aucun traité ni convention à cet égard ; à quoi j’ai répliqué qu’un engagement signé par un ministre des Affaires étrangères autorisé était la même chose qu’une convention surtout lorsqu’à cette forme particulière était jointe la sanction donnée par une lettre autographe du Roi.

MM. van de Weyer et Goblet ont ajouté ensuite qu’ils n’avaient pas pu terminer l’affaire des forteresses autrement qu’elle ne l’avait été ; ce qui m’a autorisé à leur dire que toutes les fois où on est le maître d’accepter ou de refuser une proposition, on peut faire ce qui convient à la situation dans laquelle on est, et on doit faire ce qui est prescrit par les engagements antérieurs qu’on a contractés. Si vous avez pu, leur ai-je dit, signer la convention qui vient d’être conclue, vos instructions vous y autorisaient. Si vos instructions vous y autorisaient, elles étaient en opposition avec l’engagement pris par votre cabinet et le roi Léopold lui-même.

« Vous voyez qu’en mettant à nu, comme vous le dites, un peu de vivacité, je ne fais que vous exprimer mon étonnement sur un résultat auquel le gouvernement français devait si peu s’attendre. » Les choses en sont restées là.

C’est à la Belgique maintenant dans l’état où est cette affaire à résoudre la difficulté.

Il y a eu, cette nuit, division à la chambre des Communes sur le Bill de réforme et sa seconde lecture a été ordonnée par une majorité de 162 voix. La chambre était composée de 486 membres ; 324 ont voté pour la seconde lecture, 162 pour un amendement de manière que la majorité décisive s’est trouvée parfaitement égale aux voix de l’opposition.

A la rentrée du Parlement le 17 janvier toute la chambre se constituera en comité pour discuter les clauses du Bill.

Je joins ici un exemplaire de l’Observer qui paraît le dimanche et dans lequel vous verrez plus tôt, par conséquent, la séance de cette nuit.

Lord John Russell a parlé dans les termes les plus flatteurs du ministère français en le félicitant d’avoir su faire marcher de front l’ordre et la liberté.

Je ne vous envoie pas la copie de la réponse du roi de Hollande parce qu’ayant été communiquée aux états généraux, elle se trouve dans le journal de La Haye que M. de Mareuil n’aura certainement pas négligé de de vous transmettre.

Agréez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

P. S. Des cartes avaient été annexées aux différents exemplaires du traité du 15 novembre. Il n’en a pas été joint à la ratification que vous m’avez fait l’honneur de me transmettre. Cette omission ne pourrait-elle pas faire quelque difficulté lorsqu’il s’agira de faire l’échange des ratifications ? Je vous prie de vouloir bien faire examiner cette question par le bureau du protocole.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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