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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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2è LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

17 DECEMBRE 1831







Londres, le 17 décembre 1831

Monsieur le comte,

J’ai eu l’honneur de vous mander avant-hier que le plénipotentiaire belge avait cru dans l’affaire des forteresses pouvoir s’écarter de la ligne que devait lui tracer l’engagement du 8 septembre et les rapports d’amitié existant entre son gouvernement et celui du Roi. Je dois ajouter aujourd’hui que ce n’est pas seulement la direction qu’il a cherché à donner à cette affaire qui a influé sur ses résultats. Le cabinet anglais était gêné à cet égard par la motion que lord Aberdeen, soutenu, à ce qu’il a annoncé à la chambre des Pairs, par le duc de Wellington, veut faire sur les affaires de Belgique. Il a craint de se placer dans une position désavantageuse en se prêtant avec trop de facilité à la démolition de toutes les places qui avoisinent la frontière de France et pour la construction desquelles l’Angleterre a fourni des sommes considérables. Le ministère anglais, quelque désir qu’il eût certainement d’entrer dans les convenances du gouvernement du Roi, a jugé qu’un intérêt de premier ordre tel que celui-ci exigeait que, dans ce moment surtout, il offrit aux attaque du parti qui lui est opposé aussi peu de prise que possible et, je le répète, la motion de lord Aberdeen l’a vivement inquiété à ce sujet.

Vous verrez, M. le comte, que dans la séance du 15 au soir lord Aberdeen a demandé le compte des sommes auxquelles l’Angleterre a contribué pour la construction des forteresses dans les Pays-Bas et que lord Grey a promis de fournir ce relevé. Ceci montre que la motion de lord Aberdeen est principalement dirigée pour attaquer le ministère sur l’affaire de la démolition des places. Cette motion au surplus est ajournée après les vacances de Noël.

Je reçois à l’instant la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 15 et à laquelle est jointe une lettre du général Belliard du 12. Vous aurez déjà trouvé dans ma dépêche N° 273 des explications qui vous auront appris comment l’affaire des forteresses a été traitée ici, mais je dois vous dire que je n’ai eu aucune connaissance des faits qui sont rapportés dans la lettre du général Belliard ; c’est par cette lettre que j’apprends le refus qu’avait d’abord opposé le gouvernement belge aux demandes des quatre Puissances. Depuis ce refus il paraitrait que le général Goblet a reçu de nouvelles instructions puisqu’il s’est cru autorisé à signer la convention qui fixe les places à démolir. J’avais remarqué que M. van de Weyer, le général Goblet s’étaient éloignés de moi ces derniers temps ; des indispositions annoncées en ont été la cause ou le prétexte ; un gouvernement nouveau et par conséquent faible ne sait pas tout de suite que la finesse et la fausseté ne donnent point de consistance.

Je ne crois pas plus que vous que les quatre Puissances aient voulu imposer à M. van de Weyer de signer un acte relatif aux forteresses sous peine d’un refus de conclure le traité du 15 novembre. Dans toute la négociation prise à chacune de ses périodes, rien n’a indiqué une pareille chose.

Quant à l’assertion du général Goblet sur Philippeville et Marienbourg, elle est tout à fait inexacte car dans le protocole du 17 avril il n’est question que de places « construites », le mot « réparées » ne s’y trouve pas.

De tout ceci je dois conclure qu’il y a eu une intrigue faite à Bruxelles qui a eu pour objet de changer l’engagement pris le 8 septembre avec M. de Latour Maubourg et pour s’excuser on cherche évidemment à donner au protocole du 17 avril qu’il n’a pas. En restant dans les termes de ce protocole, vous êtes bien placé pour ne pas laisser comprendre Philippeville et Marienbourg dans les places qui seront désignées par les Puissances. Quant à Tournay c’est sur l’engagement du 8 septembre que vous devez vous appuyer envers le gouvernement belge pour obtenir sa démolition. C’est donc à Bruxelles que votre action aura à se faire sentir car c’est de là que doit partir la résistance. En partant de là il ne se présentera aucune cause de refroidissement que sûrement vous voulez éviter.

Du reste, vous auriez de la peine à persuader aux Puissances qu’elles n’ont pas le droit d’intervenir de concert avec la Belgique, dans le choix des places à démolir ; je crois même qu’il est plus prudent de ne pas relever cette question.

Agréez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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