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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

15 DECEMBRE 1831







15 décembre 1831

Monsieur le comte,

M. le général Goblet a terminé, hier, la négociation dont le gouvernement belge l’avait chargé relativement aux forteresses qui seraient démolies mais, vous trouverez, sûrement, qu’elle n’a été conduite ni dans l’esprit du protocole du 17 avril ni conformément à la lettre de l’engagement remis le 8 septembre dernier à M. de Latour Maubourg par le ministre des Affaires étrangères à Bruxelles car au lieu d’obtenir la démolition de Charleroi, Mons, Tournai, Ath et Menin, M. Goblet a obtenu que Mons, Ath, Menin, Marienbourg et Philippeville seraient détruites, et vous concevez que relativement à ces deux dernières places la demande de leur démolition, n’étant pas écartée par le plénipotentiaire belge, n’a pas éprouvé d’opposition de la part des plénipotentiaires des autres Puissances.

Le gouvernement du Roi verra s’il a quelque démarche à faire avant que la ratification de Bruxelles soit envoyée.

J’ai l’honneur, M. le comte, de vous adresser une copie de la lettre que j’ai cru devoir écrire à ce sujet à M. le général Belliard pour tâcher de mettre en accord les deux cabinet et en continuité de bons rapports les deux souverains qui se sont plusieurs fois écrits à ce sujet.

Je dois vous rappeler, M. le comte, qu’en ma qualité de plénipotentiaire de France je ne faisais pas partie de la conférence où s’est négociée l’affaire des forteresses. A la vérité, je m’étais assuré le moyen d’y faire parvenir mes observations mais vous concevez que ne pouvant pas les soutenir personnellement, elles perdaient beaucoup de leur valeur. C’est par les Belges, surtout que j’ai cherché à agir et je vois, avec regret, que mon action n’a pas été bien puissante.

Au reste il est de mon devoir de vous faire observer que l’engagement, remis le 8 septembre dernier à M. de Latour Maubourg, dès qu’il a été connu ici y a produit un assez mauvais effet parce que nous avions l’air de sortir de cette ligne de confiance dans laquelle les cinq Puissances étaient si utilement entrées.

Il aurait fallu, du moins, que cet engagement fut enveloppé du plus profond secret et pris, pour ainsi dire, de souverain à souverain sans aucune forme officielle. Vous vous rappellerez, sûrement, que j’ai fait cette observation bien des fois.

Dans votre dernière dépêche, M. le comte, vous me parliez de l’intrigue belge relative à Marienbourg et Philippeville. J’ai dû faire observer qu’en comprenant ces deux villes dans les places à démolir, on s’écarterait du protocole du 17 avril puisque ce protocole n’a eu en vue que les places construites depuis l’année 1815 aux frais des quatre cours dans le royaume des Pays-Bas et qu’il est notoire que Marienbourg et Philippeville, étant d’une construction fort antérieure à 1815, n’ont donné lieu à aucune réponse de la part des quatre Puissances.

Du reste comme il faut voir en toute chose et pour la conduite que l’on a à tenir, les résultats, ce traité, tout incomplet et irrégulier qu’il est, présente des conséquences dont on peut se servir utilement.

La réparation à faire pour la France est consacrée par le principe de la démolition et elle est entière.

Les places démolies ont coûté aux alliés 40 à 45 millions et la neutralité de la Belgique rendant beaucoup d’autres places inutiles, on assure un jour ou l’autre la démolition.

Agréez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

P. S. Une réponse de la Hollande est arrivée ce matin, nous en aurons communication demain. Elle a 40 pages in foglio [sic]. Je sais aujourd’hui que le roi de Hollande adhère aux limites convenues dans les 24 articles, adhère au partage de la dette mais veut mettre en négociation la question des fleuves et des canaux, ce qui veut dire en résultat qu’il accepte surtout ce qui lui est bon et qu’il veut négocier sur tout ce qu’il croit ne lui être pas favorable.

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" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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