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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

14 DECEMBRE 1831







14 décembre 1831

Monsieur le comte,

J’ai reçu la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le [blanc] de ce mois ainsi que les extraits de la correspondance de la légation du Roi à Berlin qui y était joint.

Je crois pouvoir, M. le comte, vous rassurer complètement sur les résolutions du cabinet de Berlin relativement au traité de Londres du 15 novembre. D’après les pièces que j’ai lues, il doit ne me rester aucun doute à cet égard : le traité sera ratifié et il n’y a pas d’objection faite sur le délai, quoiqu’en général il soit recommandé d’éviter toute précipitation dans les déterminations qu’on serait dans le cas de prendre.

Je dois croire que l’Autriche satisfera également mais mon opinion à cet égard n’est pas fondée comme celle que j’ai relativement à Berlin sur des pièces que j’ai vues.

Ces communications s’étant étendues jusqu’aux relations que le cabinet de Berlin entretient avec celui de Pétersbourg sur les affaires de Hollande et de Belgique. Il m’est resté dans la mémoire un passage dont voici, à ce que je crois l’esprit.

La cour de Berlin a, avec la Russie, des rapports et de famille et de communauté d’intérêts qui rendent sa position délicate et qui font qu’il y a de part et d’autre des ménagements à garder dans les différentes affaires qui viennent à se présenter.

Dans les affaires de Pologne, la Russie croyait avoir le premier intérêt aussi devait-il paraître naturel à la Prusse qu’elle se plaçât là en première ligne.

Mais dans les affaires de Belgique, c’est la Prusse, au contraire, qui avait un intérêt prédominant. C’est donc à elle de se mettre au premier plan.

Ceci prouve, ce me semble, d’une manière évidente que la Prusse a relativement aux affaires de Belgique une politique bien arrêtée et parfaitement indépendante.

On est donc autorisé à penser que, lorsqu’elle annonce, d’une manière positive, la résolution de ratifier le traité, elle n’a pas de motif pour revenir, plus tard, sur cette décision.

La France et l’Angleterre ayant déjà reconnu le roi Léopold, et lui ayant envoyé des ministres, il n’y aurait eu, sans doute, aucun inconvénient à ce qu’elles échangeassent promptement avec la Belgique les ratifications du traité ; mais, aussi, il n’y avait pas d’avantage réel et il m’a paru qu’elles donneraient une marque d’égards aux autres Puissances, en faisant cet échange plus tard afin de tâcher qu’il fût fait par tous les plénipotentiaires à la même époque.

C’est avec des égards et du ménagement bien entendu, que les représentant à Londres des grandes Puissances sont parvenus à rester parfaitement unis depuis 15 mois et il me semble, qu’il n’y a qu’à gagner à rester dans la route que jusqu’ici, nous avons adoptée. Le cabinet anglais est, à cet égard, dans la même position et dans la même opinion.

Cependant, comme il ne faut négliger aucun moyen d’arriver à son but il serait peut-être utile que vous engageassiez M. Bresson à faire valoir auprès du cabinet de Berlin les retards que nous mettons à l’échange des ratifications afin de lui montrer que notre marche, dans toute cette affaire, est de nous écarter, le moins possible, de la ligne que nous savons qu’il s’est tracée lui-même ; qu’ainsi nous ne presserons pas l’échange des ratifications mais que nous nous bornerons à rester dans les termes fixés par le traité, comme nous sommes fondés à croire que le cabinet de Berlin le fera lui-même. Il me semble que nous ferions par là tout ce que la prudence pouvait nous conseiller, sans rencontrer aucun soupçon.

Agréez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

P. S. M. Goblet presse beaucoup pour l’affaire des forteresses parce qu’il est rappelé en Belgique. Il y a eu des conférences avant-hier et hier à ce sujet.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
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