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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

2 DECEMBRE 1831







2 décembre 1831

Monsieur le comte,

J’avais eu l’honneur de vous mander, dans une de mes précédentes dépêches, que M. le général Goblet ne pourrait pas continuer la négociation relative aux forteresses parce qu’il allait être chargé à Bruxelles du ministère des Affaires étrangères. Je tenais cela de M. van de Weyer. En effet, M. Goblet qui semble jouir de la confiance du roi Léopold a été un instant ministre, ou plutôt, il a été chargé de former un ministère mais comme il devait prendre dans l’administration actuelle plusieurs des membres du nouveau cabinet et que leurs vues politiques ne s’accordaient pas entièrement avec les siennes, la formation de ce nouveau ministère n’a pas eu lieu et le général Goblet est venu reprendre à Londres la négociation dont il était chargé.

Cette négociation suit lentement son cours.

J’ai porté toute mon attention, M. le comte, sur l’affaire qui va se décider, et voici à quoi j’ai été conduit.

La Belgique sera désormais un état neutre : la résolution des Puissances et le traité du 15 novembre l’établissent ainsi ; mais, en même temps, la Belgique ne peut être que l’alliée de la France et elle est, en quelque sorte, son satellite, car elle a avec elle des rapports de tout genre, langage, habitude, religion, commerce et dans de telles circonstances données, la France ne peut voir, de ce côté, qu’un territoire presque uni au sien.

Cependant, je sens que la France, conservant toujours les souvenirs pénibles de ce qui lui a été imposé en 1813, doit tenir à la démolition de ces places qui furent élevées comme une offense contre elle mais il me semble qu’une fois le principe de cette démolition admis et quelques forteresses abattues, nous avons satisfait aux exigences de l’honneur national et accompli ce que les paroles du Roi avaient annoncé et promis à la France, quant à l’application de ce principe dans toute son étendue, il faut auparavant chercher ce qui est dans nos vrais intérêts.

C’est en me livrant à cet examen qu’il m’a semblé que nous devions insister pour que la majeure des places qui s’étendent à l’ouest de Charleroi, jusqu’à la mer, disparût, mais qu’une considération puissante devait nous engager à laisser subsister les autres places qui, en y comprenant Charleroi et Namur, sont situées dans la direction de l’Est et, par conséquent, vers l’Allemagne.

Il me parait que dans une guerre avec ce pays ces places seraient imposantes et pourraient être utiles à la Belgique pour faire respecter sa neutralité ; et, qu’en second lieu, si cette neutralité était méconnue, comme celle de la Suisse en 1813, ces places deviendraient pour la France, voulant secourir la Belgique, un point d’appui bien important dans ses opérations militaires. Il faut donc, au moins dans mon opinion, que ce soit avec les plus mûres réflexions qu’on détermine les places dont nous avons intérêt à désirer la démolition, et celles que la prévoyance doit nous faire, pour ainsi dire, un devoir de conserver, telles que Charleroi, Namur et toute la ligne de la Meuse en abattant Mons, Tournay, Ath, Menin, on satisfait, sans inconvénient pour la Belgique, ni pour soi, à ce que le sentiment national a le droit d’exiger : on détruit une ligne droite de places fortes, dont l’Empereur nous a appris à juger le peu d’importance militaire ; et, en conservant Charleroi, Namur, et toute la ligne de la Meuse, on satisfait à tout ce qu’une prévoyance soupçonneuse peut conseiller.

Je parle ici de choses qui ne sont pas dans le cercle de mes occupations ordinaires mais je dois au département mes observations comme mes conjectures.

L’échange des ratifications avec la Belgique n’est pas encore effectuée parce que M. van de Weyer n’a reçu de Bruxelles qu’un seul exemplaire du traité tandis qu’il en a deux à remettre à la France et à l’Angleterre et peut-être un troisième à la Prusse. M. van de Weyer a demandé ces copies et il compte les recevoir incessamment.

Agréez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

P. S. Le prince Esterhazy a obtenu un congé pour se rendre en Hongrie où l’appellent des affaires de famille. M. le baron de Neumann, conseiller de l’ambassade, sera chargé de l’intérim. Il est désigné pour être ministre d’Autriche à Bruxelles. Le comte Dietrichstein n’aura qu’une gestion momentanée.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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