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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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2è LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

26 NOVEMBRE 1831







26 novembre 1831

Monsieur le comte,

J’ai reçu les dépêches que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le [blanc] et le 19 de ce mois. Je suis heureux d’apprendre que le Roi et son conseil ont été satisfaits du traité conclu entre les plénipotentiaires des cinq Puissances et celui de la Belgique. L’approbation de S. M. et de ses ministres est un dédommagement bien complet des soins prolongés que cette négociation a exigés.

Le gouvernement belge a déjà envoyé sa ratification.

Je viens de passer quelques jours à Brighton et je suis revenu à Londres en apprenant que plusieurs malles de Hollande allaient arriver. Les dépêches qu’elles ont apportées ne donnent aucune information nouvelle sur les dispositions du roi : il persiste toujours dans un système de lenteur qu’il croit favorable à sa politique puisqu’il pense que le temps peut amener pour lui de meilleures chances ; cependant la conclusion d’un traité séparé avec la Belgique lui a déjà enlevé quelque espérance car il ne croyait pas à l’unanimité des membres de la Conférence.

Je persiste à penser que les lettres de Petersbourg auront une grande influence sur sa décision. Les chimères qu’il a dans l’esprit lui font, à ce que l’on dit, négocier un emprunt considérable mais je n’en sais pas les détails.

Le général Goblet est arrivé hier. C’est lui qui va reprendre les négociations sur les forteresses. On s’en occupe dès aujourd’hui. Je ne sais pas pourquoi M. Van de Weyer croyait que cette négociation lui serait confiée et que M. Goblet serait ministre des Relations extérieures : c’est de lui que je le tenais.

Pendant le séjour que j’ai fait à Brighton, on a eu beaucoup d’égards et les formes de la politesse la plus recherchée pour l’ambassadeur de S. M. Le Roi, et la Reine d’Angleterre m’ont plusieurs fois, l’un et l’autre, demandé des nouvelles du Roi, de la Reine et de toute leur famille et leurs questions portaient toutes le caractère du plus sincère intérêt.

Depuis quelques jours il parait y avoir eu entre le ministère et des chefs du parti Tory quelques intelligences dont les personnes les plus accessibles à des modifications du Bill de réforme ont été les organes des deux côtés ; rien encore n’a pris un caractère de transaction.

Les unions politiques qui se sont formés sur plusieurs points du royaume avaient inspiré de l’inquiétude au gouvernement, et ont motivé la proclamation du Roi que vous avez pu lire ; je ne vous l’ai pas envoyée parce qu’elle se trouvait dans tous les journaux que reçoit le département.

Une de ces unions politiques, celle de Westminster, qui s’était formée, de l’aveu du ministère s’est dissoute aussitôt que la proclamation a paru : les autres n’ont pas montré autant de docilité.

M. Pawlet Thomson et sir Henry Parnell qui sont actuellement à Paris, ont en finance des principes qui étaient ceux de M. Huskisson, et auxquels nous devons la réduction de droit sur nos vins. Ces MM. N’ont pas de mission du ministère pour entrer en communication avec notre gouvernement mais leurs vues propres seraient d’arriver à établir entre les deux pays une liberté de relation commerciale prise dans les principes les moins restrictifs.

Les vaisseaux portugais arrêtés ici ont été relâchés. Les personnes qui, à Londres, s’intéressent aux affaires de don Pedro se demandent si ce ne serait pas une occasion pour que l’on fermât les yeux sur la sortie du brick portugais qui est à Brest.

La maladie de Sunderland ne fait pas de progrès bien sensibles et ne s’étend pas hors de la ville. Chaque jour il y a 2 ou 3 cas nouveaux de choléra spasmodiques non contestés et les décès sont à peu près dans la même proportion.

Agréez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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