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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

7 NOVEMBRE 1831







7 novembre 1831

Monsieur le comte,

La maladie qui s’était déclaré à Sunderland n’a pas fait de progrès et aucun habitant de cette ville ne parait en avoir été atteint depuis les informations que j’ai eu l’honneur de vous transmettre le 5 de ce mois.

Le gouvernement est porté à croire que cette maladie est le choléra anglais et, non pas, le choléra de l’Inde. Lord Palmerston m’a fait, à cet égard, une communication dont j’ai l’honneur de vous envoyer une copie. Cependant des prières publiques sont ordonnées dans toute l’Angleterre.

Le meeting des classes ouvrières, qui devait avoir lieu aujourd’hui, est ajourné indéfiniment. Lord Melbourne, ministre de l’Intérieur, avait eu samedi, un entretien avec des commissaires de cette assemblée et leur avait dit que le gouvernement regardait comme séditieux les principes qu’ils se proposaient d’insérer dans leur déclaration. Il leur a représenté, avec force, les dangers que pouvaient courir les personnes qui prendraient part à une assemblée de cette nature. Les observations et la connaissance qu’avaient les directeurs du mouvement, particulièrement M. Wakley, de l’augmentation des forces militaires à Londres, et des autres précautions prises par le gouvernement, les ont déterminés à renoncer à leur projet. Cependant, malgré les placards qui annonçaient que l’assemblée n’aurait pas lieu, un grand nombre d’ouvriers, armés de bâtons et de pierres, s’est rendu, ce matin, au faubourg d’Islington. Il y avait, aux environs, des troupes suffisantes pour agir dans le cas où la réunion prendrait le caractère qui avait été annoncé ; mais les soldats n’ont pas eu à se montrer.

Une réunion également considérable, mais dont les motifs sont différents, doit avoir lieu, aujourd’hui, à Manchester. Le gouvernement ne parait pas craindre que cette réunion soit suivie d’aucun désordre.

Quelques troubles ont éclaté à Worcester le 4 et 5 de ce mois mais ils ont été facilement réprimés.

J’ai reçu la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 4 de ce mois. J’ai eu immédiatement une conférence avec lord Palmerston et je lui ai fait sentir la marque de déférence du gouvernement du Roi : il y a été très sensible.

Afin de fixer vos idées sur les affaires de Portugal, je lui ai fait toutes les questions que votre lettre indiquait et j’ai insisté particulièrement sur la connaissance que nous avions besoin d’avoir de ce à quoi se déciderait le gouvernement anglais qui avait à prendre une détermination relativement à ce pays.

Lord Palmerston m’a répondu que je le prenais dans un moment où le cabinet était occupé de cette question, que deux conseils avaient eu lieu cette semaine et que, d’ici à dimanche, c’est-à-dire, le 13, il me dirait ce qui aurait été arrêté, mais que jusqu’à présent, il n’y avait que de l’indécision parmi ses collègues.

Quatre vaisseaux de l’expédition que malheureusement on a appelé dans ce pays l’expédition de don Pedro, ont été arrêtés hier. On ne doit point en conclure que les dispositions du gouvernement anglais lui soient défavorables. L’arrestation a été légale, et le gouvernement n’y peut rien. Une loi anglaise porte : que toutes les fois qu’un homme se présentera pour faire serment qu’il a connaissance que tel bâtiment s’arme avec des intentions dirigées contre un gouvernement étranger, le bâtiment doit être arrêté. Ce serment a été fait hier.

Un seul bâtiment a pu sortir de la rivière. Heureusement c’est le plus considérable.

L’expédition a été si longtemps à se préparer et les dispositions ont été si publiques qu’il était bien difficile que ces obstacles ne se présentassent pas.

Je serai porté à croire qu’une démarche du gouvernement anglais, et du gouvernement français, vis-à-vis du gouvernement espagnol dans la vue, pour le tranquilliser, de le faire entrer dans le plan que l’on arrêterait pour écarter don Miguel et le faire remplacer par la reine Dona Maria serait la manière la plus simple de lui ôter les inquiétudes que lui donne l’élévation de la jeune reine, arrivant une charte à la main.

Ne pourrait-on pas convenir avec l’Espagne que l’état dans lequel a été placé le Portugal par la cruelle et sombre administration de don Miguel, exige qu’un pouvoir temporaire, mais sans limites, prenne les rênes du gouvernement, jusqu’au moment où l’ordre sera rétabli. Cela ajournerait la Charte et dans un pays aussi peu avancé que le Portugal, une charte ajournée ne peut inquiéter personne, pas même l’Espagne.

L’inquiétude de ce gouvernement devrait naturellement diminuer et rien ne diminuerait mieux les arrières pensées qu’il peut avoir que les démarches qu’on ferait franchement auprès de lui, et la participation à laquelle on l’appellerait.

Agréez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

P. S. J’ai l’honneur de vous transmettre l’écrit d’un médecin qui a longtemps résidé dans l’Inde et qui y a étudié le choléra.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
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